Les chiffres du quinquennat de Nicolas Sarkozy

Posté le 14 février 2012 dans Actualités, Analyse, Chiffrage

Nicolas Sarkozy doit annoncer mercredi sa candidature officielle pour l’élection présidentielle de mai prochain. Mais le chef de l’Etat aura du mal à assumer le bilan négatif de son quinquennat entre l’explosion du taux de chômage, la croissance atone, la dégradation de la compétitivité et la crise sociale.

Terra Nova vous propose de retrouver très prochainement le bilan complet de Nicolas Sarkozy sur toutes les thématiques de politiques publiques. Loin des promesses de 2007, voici un extrait des principaux chiffres de ces cinq dernières années.

EMPLOI : +1 million de chômeurs

2007 : « Je vous ai promis le plein emploi, je vais me battre pour le plein emploi », assurait Nicolas Sarkozy le soir de sa victoire place de la Concorde.

2012 : Le chef de l’Etat restera le recordman de la hausse la plus brutale du taux de chômage depuis trente ans : à 8% en 2007, il devrait dépasser la barre des 10% cette année selon les dernières prévisions de l’Insee.

Et la crise économique est loin d’être la seule responsable. Les choix politiques de Nicolas Sarkozy n’ont pas permis d’améliorer la situation et l’ont même, parfois, aggravée.

La baisse des moyens consacrés à la lutte contre le chômage s’est accélérée depuis 2008 : -10,5% entre 2010 et 2011 et -11,3% entre 2011 et 2012. Certaines mesures se sont avérées contre-productives. Les heures supplémentaires défiscalisées ont ainsi eu des effets néfastes sur l’emploi en période de crise : les employeurs ont pu être tentés de recourir à ce dispositif plutôt que d’embaucher.

BUDGET : + 600 milliards d’euros de dette publique

2007 : « Je m’engage à ramener la dette en dessous des 60% du PIB d’ici 2012 », affirmait Nicolas Sarkozy dans un entretien au Parisien en mars.

2012 : Depuis 2007, la dette publique a explosé de plus de 600 milliards d’euros, passant de 64% à plus de 85% du PIB. Le déficit public a de son côté augmenté de 49,5 milliards d’euros, de 2,3% à 5,4% du PIB.

La crise est loin d’être la seule responsable de ce dérapage budgétaire. Selon un rapport de la Cour des comptes publié en juin 2010, seul un tiers de ce déficit est imputable à la récession économique. Les deux tiers s’expliquent en grande partie par les politiques menées par Nicolas Sarkozy ces cinq dernières années.

IMPÔTS : +75 milliards d’euros de cadeaux fiscaux

2007 : « Je n’augmenterai pas les impôts, mais au contraire ferai tout pour les baisser », promettait Nicolas Sarkozy dans son programme présidentiel.

2012 : A 43,4% il y a cinq ans, le taux de prélèvements obligatoires atteindra 45% à la fin de l’année. Et la facture de ce quinquennat a surtout été payée par les classes moyennes et les plus modestes. La TVA sociale représentera à elle seule une hausse de 11 milliards d’euros d’impôts sur la consommation pour tous les Français.

Les entreprises et les foyers aisés se sont vus au contraire accorder près de 75 milliards d’euros de cadeaux fiscaux. Le coût de la loi TEPA de 2007 et de la réforme de l’ISF en 2011 s’élèvent à 45 milliards d’euros en quatre ans et demi. Un montant auquel il faut ajouter la suppression de la TVA dans la restauration (9 milliards d’euros en trois ans) et celle de la taxe professionnelle (21 milliards d’euros en trois ans).

COMPETITIVITE : – 350.000 emplois industriels détruits

2007 : « Je n’accepte pas l’idée d’une désindustrialisation inévitable (…) Je n’accepte pas l’idée d’une France sans usine », déclarait Nicolas Sarkozy en avril lors d’un discours à Rouen.

2012 : En cinq ans, près de 350.000 emplois industriels ont été détruits en France. Et les « délocalisations » au sens strict vers les pays à plus faibles coûts salariaux n’expliquent qu’entre 10 % et 20 % des pertes d’emplois industriels, selon un récent rapport de la Direction du Trésor. Le reste des emplois détruits chaque année tiennent à des causes d’affaiblissement structurel.

Face à cette situation, Nicolas Sarkozy a privilégié une stratégie de baisse du coût du travail et non d’innovation. Au final, l’industrie ne représente plus que 17% du PIB, contre 26% pour l’Allemagne et le déficit commercial enchaîne les records : à 28,2 milliards d’euros en 2007, il a atteint les 69,6 milliards d’euros en 2011, contre un excédent de 158 milliards d’euros chez nos partenaires allemands.

POUVOIR D’ACHAT : + 337.000 pauvres

2007 : « Je veux être le Président de l’augmentation du pouvoir d’achat » indiquait Nicolas Sarkozy lors du congrès de l’UMP en janvier.

2012 : Depuis 2007, près de 337.000 personnes supplémentaires sont passées sous le seuil de pauvreté – 954 euros par mois en 2009 – selon l’Insee, soit 8,2 millions de Français. Il s’agit de l’augmentation la plus brutale mesurée depuis que cet indicateur est suivi. Face à l’appauvrissement des Français, Nicolas Sarkozy a privilégié un discours idéologique inefficace : sortir de la pauvreté ne serait qu’une question de volonté.

Mais la mise en place du RSA s’est soldée par un échec car trop complexe. A peine 400.000 personnes touchent aujourd’hui le « RSA activité », loin des 2 millions de personnes attendues. Et Nicolas Sarkozy n’a pas activé les leviers essentiels pour lutter contre la pauvreté: aucune politique n’a notamment été menée pour enrayer l’explosion des prix du logement.

REPUBLIQUE IRREPROCHABLE : + 172% de hausse de salaire pour le chef de l’Etat

2007 : « Je veux une République irréprochable », affirmait Nicolas Sarkozy à Epinal en juillet.

2012 : Ce quinquennat restera marqué par une succession d’affaires au plus haut sommet de l’Etat : népotisme au moment de l’affaire de l’EPAD dont la présidence devait revenir à Jean Sarkozy ; affaire Woerth-Bethencourt ; démission de Michèle Alliot-Marie après ses vacances en Tunisie financées en partie par le clan Ben Ali ; …

En matière de nomination, la politique du chef de l’Etat s’est avérée très contestable, notamment celle de François Pérol, ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée, à la tête de la Banque populaire et de la Caisse d’épargne fusionnées – opération qu’il avait directement pilotée – sans saisine de la commission de déontologie.

Et les contre-pouvoirs ont largement été malmenés : ingérence de l’exécutif dans le système judiciaire ou affaire des fadettes en septembre 2010. Le Monde a porté plainte après l’intervention des services de la Direction centrale du renseignement intérieur pour tenter d’identifier la source d’un journaliste qui enquêtait sur l’affaire Bettencourt.

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