Crédibilité présidentielle. A l’aube d’une année décisive, entre campagne municipale et congrès socialiste, le match est loin d’être plié. Même si Ségolène Royal se maintient comme le «meilleur leader» pour 30 % des sympathisants PS. L’ex-candidate à la présidentielle, qui atteignait les 35 % en juin, a certes payé ses hésitations quant à sa stratégie. Mais après avoir fléchi à 25 % en septembre, elle sort plutôt renforcée du pas supplémentaire effectué jeudi vers une candidature au premier secrétariat. Pas totalement dominante, cependant : son ex-rival des primaires, Dominique Strauss-Kahn, quoique fort éloigné de la rue de Solferino, pointe à 24 %. Et, parmi l’ensemble des sondés, caracole même en tête avec 29 %, loin devant Ségolène Royal (20 %).Le combat décisif ne se jouera donc peut-être pas entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë. Le maire de Paris occupe toujours la troisième position à gauche, et sa cote ne cesse de progresser : de 6 % à 17 % en six mois chez les sympathisants socialistes. Il demeure également compétitif dans son duel annoncé avec la présidente de Poitou-Charentes. Si les sympathisants de gauche jugent l’ex-candidate nettement «plus déterminée» (68 % contre 24 %), «plus attentive aux questions sociales» (59 % contre 31 %) et «plus rassembleuse» (53 % contre 38 %), elle semble n’avoir toujours pas comblé ses carences en crédibilité présidentielle : Bertrand Delanoë serait le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy aux yeux de 49 % des sympathisants PS (contre 45 %). Et le meilleur président de la République (43 % contre 38 %) pour l’ensemble des sondés. Reste que le maire de la capitale, engagé dans sa campagne parisienne, demeure à quelques encablures de ses deux camarades du PS. Et qu’il est, excepté chez les sympathisants socialistes, talonné par un Olivier Besancenot en embuscade.
Lassitude. L’ex-candidat de la LCR à la présidentielle, dont la cote atteint 10 % chez les sondés de toutes tendances, n’est qu’à trois points du maire de Paris. Il le dépasse même chez les sympathisants de gauche (15 % contre 14 %). Dans un contexte d’atonie du PS, le leader trotskiste, porté par la grogne sociale, s’installe comme l’une des principale figures de l’opposition à Nicolas Sarkozy (lire page 4). Pas sûr, pourtant, que cette popularité suffise à assurer le succès du nouveau parti anticapitaliste que la Ligue doit lancer lors de son congrès, fin janvier.
Hormis ces quatre figures, aucune personnalité, à gauche, ne surnage. Et, à l’exception d’Arnaud Montebourg, ne dépasse les 3 % : ni Laurent Fabius, ni François Hollande, ni Marie-George Buffet, ni Dominique Voynet. Mais les questions de personnes, qui lassent de plus en plus les militants, ne sont pas tout. Sur celle des alliances, qui n’a pas fini d’agiter le PS, les sympathisants de gauche prônent une maison socialiste plus ouverte : 61 % se prononcent pour une ouverture «à toutes les sensibilités de la gauche et du centre», 12 % «principalement au centre» et 21 % «principalement à la gauche anti-libérale». Quant au modèle des primaires à l’italienne, 60 % des sympathisants de gauche estiment que le prochain candidat du PS devrait être choisi «par tous les électeurs qui le souhaitent», adhérents à une organisation politique ou non.
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Pierre MOSCOVICI: son avis
Cette sensibilité est celle du socialisme du réel, de la vérité, elle est internationaliste, européenne, décentralisatrice, régulatrice, attachée à la négociation sociale, elle veut marier l’individuel et le collectif, la production et la redistribution, refuser la rente et promouvoir le risque, l’innovation, combattre les inégalités à la racine, bref elle est socialiste et démocrate. Proche de la social-démocratie allemande ou suédoise, elle n’a jamais, c’est vrai, été majoritaire dans le PS – pour les raisons que l’on connaît. Je suis persuadé qu’elle a aujourd’hui, après trois défaites consécutives à la présidentielle, qui ont laissé le parti intellectuellement exsangue, la capacité de l’être, que son heure est arrivée, en tout cas que ses idées ont vocation à irriguer une majorité enfin vraiment réformiste. Encore faut-il pour cela que nous jouions pleinement notre rôle : porter ces idées, les faire vivre, les adapter aux temps que nous vivons – ce que nous avons commencé à faire avec le « Manifeste » – les décliner en propositions concrètes – ce qui reste largement à faire – les diffuser largement auprès des militants du parti, dans les fédérations, créer un vrai mouvement autour d’elles. Il y a là un agenda de travail lourd, exigeant – rénover notre pensée, notre discours, notre stratégie, notre organisation – qui doit mobiliser l’essentiel de notre énergie
C’est ainsi que le journaliste de la république du centre termine son article rapportant la conférence de presse que nous avons tenue juste avant la réunion ouverte à l’ensemble des camarades et sympathisants socialistes d’E&L le mercredi 7 novembre dernier. Le plus dur reste à faire car, si la démarche est d’évidence la bonne : F Réfléchir à ce que doit être la doctrine et le fonctionnement de notre Parti pour le hisser de façon stable à 35% des intentions de voteRappelons pour mémoire que notre candidate était à peine à 26% au premier tour de la présidentielle et cela sans candidat ni du PRG, ni du MDC !, il n’empêche que nos camarades se sont peu mobilisés. Qu’en déduire ?Que le débat sur les idées ne motive pas autant qu’on le dit dans notre parti ?
Les raisons sont probablement multiples. Cependant, même en comité restreint, nous avons débattu des points suivants :
Pour nous, ce sont en particulier :Ø le réformiste, Ø la culture du compromis social pour le coproduire ; Ø l’internationalisme ; Ø la défense de l’environnement…
Ø Il doit être davantage pluraliste (faire adhérer plus de salariés du secteur privé, …) ; Ø nous devons dégager une majorité la plus large possible mais avec une ligne claire ; Ø et pour cela, il nous faut faire davantage vivre notre Parti par exemple en créant en son sein une université populaire et peut-être tout simplement mieux faire diffuser en notre sein les bonnes pratiques de telle section ou telle fédération !
Ø pour la première fois après une défaite, nous n’entendons pas de responsables de notre parti se réfugier dans la radicalité mais plutôt prôner une voie réformiste ; c’est la voie que nous défendons depuis de nombreuses années !· L’émancipation : Ø pas de socialisme sans émancipation ! Mais de quoi doit-on s’émanciper ? De l’autorité bien sûr mais surtout de sa condition lorsque celle-ci est précaire. Nous devons donc y aider en particulier en luttant pour l’égalité réelle (service public de la petite enfance, …). · Le statut de l’élu : Ø il faut faire en sorte de faire bénéficier les salariés du privé des mêmes possibilités de retour à la vie professionnelle à la fin de leurs mandats que celles dont bénéficient les salariés du public.… Et nous avons la conviction que, si notre prochain congrès ne fait que mettre sur orbite un(e) candidat(e) à la prochaine élection présidentielle, nous perdrons une nouvelle fois celle-ci. La victoire passe par une rénovation ou une refondation (peu importe le terme pourvu qu’on le fasse !) de notre doctrine et de nos pratiques. Si vous le pensez également, nous avons envie d’en débattre avec vous. Et nous sommes prêts à organiser autant de réunions que nous trouverons de thèmes à évoquer. Le plus dur reste donc à faire… mais l’enjeu est de taille : une victoire durable aux prochaines élections présidentielles !
Un préalable à ces deux réactions : au poste où est Patrick, il ne pouvait probablement pas avoir un autre discours. Cependant, pour faire avancer le débat et notre parti, la lettre de Patrick me conduit aux deux réflexions suivantes : 1) je partage son affirmation lorsqu’il écrit que « s’est développé depuis plusieurs années, …, une culture de la transgression qui conduit à toutes les dérives ». Je veux seulement ajouter que, pour moi, le point de dépassement de la ligne jaune a été franchi lorsque certains camarades n’ont pas respecté le vote interne sur le traité constitutionnel. Nationalement, il s’agit de JL Mélenchon, H Emmanuelli et L Fabius en particulier. 2) Je ne pense pas possible (humainement) que « cessent les rivalités au soir du résultat ». C’est pourquoi il me paraît indispensable que nous mettions en place une procédure de recherche de compromis avant de passer au vote de désignation. D’ailleurs, n’est-ce pas ce que nous prônons pour le dialogue social ? D’abord la négociation avant l’affrontement ! A nous d’être cohérent en appliquant à nous même ce que nous pensons bon pour les autres ! J’ajouterai que, nous avons connu sur le canton de Mainvilliers, une situation de primaire interne, où le camarade arrivé en deuxième position a « cessé toute rivalité » ; il n’a fait aucune déclaration et a même accepté de participer à la réunion publique de fin de campagne organisé par le camarade désigné. Mais à quel prix pour sa santé ? J’ajouterai enfin que, lors de la désignation de notre candidat(e) à la présidentielle, les deux candidats battus ont cherché à joindre au téléphone la candidate désignée pour la féliciter dans les heures qui ont suivi l’annonce du résultat. Dans ce cas, c’est la candidate désignée qui n’a pas voulu leur parler ! Nous ne gagnerons jamais autrement que par défaut si nous ne trouvons pas une procédure socialiste (donc humaniste et pas seulement démocratique) pour « sélectionner » les ambitions personnelles (par ailleurs légitimes) en les rendant compatibles par leur complémentarité.
Tout d’abord une affirmation indiscutable : comme pour la désignation de notre candidat(e) à la présidentielle, cette désignation s’est faite dans le respect de nos règles actuelles.
Et donc, Françoise Vallet est sans contestation la candidate pour conduire la liste à majorité socialiste de Chartres.
Mais, nombreux sont celles et ceux qui éprouvent ou sentent un malaise : un autre candidat (Bernard Farion) n’a pas eu la préférence des socialistes chartrains . On pourrait très bien ne voir là que la conséquence de la loi de la démocratie qui veut qu’il ne pouvait y avoir qu’un(e) seul(e) élu(e) . Mais, il y a , dans cette désignation, un cas d’école qui doit nous faire réfléchir et qui devrait nous conduire à faire des propositions d’amélioration de nos règles démocratiques internes lors de notre prochain congrès.
Ce cas d’école en comprend de fait deux !
Le premier vient du fait que Bernard Farion avait été désigné il y a plusieurs mois par la section de Chartres pour conduire l’élaboration d’un projet municipal. Cela ne pouvait être vécu (au moins par lui) que comme une pré-désignation. Certes, pré-désignation ne signifie pas désignation. Et il était normal que la désignation ait lieu. Par exemple pour ne pas le désigner s’il n’avait pas conduit de façon satisfaisante la mission qu’on lui avait confiée. Or, ce n’est pas le cas. Aucune critique sur ce point. Comment ne pas comprendre alors que cette désignation conduise à de profondes cicatrices ?
Comment donc analyser cette désignation autrement que par une versatilité des membres de la section de Chartres ? Un observateur mal informé pourrait en déduire que le parti socialiste est lui aussi atteint par ce que nous critiquons, l’esprit de consommation : on prend et on jette ! En fait, pour comprendre ce résultat, il faut seulement savoir que, dans les 68 socialistes qui ont participé à la désignation, il y avait beaucoup d’adhérents récents qui ne sont membres de la section que depuis l’élection législative. Leur poids a été déterminant … parce que l’effectif de la section de Chartres est faible ! Moins d’une centaine d’adhérents pour 40 000 habitants …. C’est effectivement peu représentatif ; mais ce n’est malheureusement pas un phénomène chartro-chartrain !
Que conclure de l’analyse de ce premier cas d’école ? Que notre processus de désignation interne ne peut être vraiment reconnu que si le nombre de votants est suffisamment élevé ; et que la désignation du premier des socialistes doit être faite bien plus tôt dans les communes non dirigées par le PS . Il est une évidence pour tout le monde que le(la) challenger a besoin de se faire connaître ; et pour ne pas être en porte à faux vis à vis de son parti, il a besoin de la légitimité d’une désignation ! Notre calendrier doit donc tenir compte de cette réalité.
Le deuxième (cas d’école) est liée à la montée en puissance de l’intercommunalité.
Très clairement, vues les compétences mise en commun au niveau de l’agglomération, les socialistes des autres communes de cette agglomération sont concernés par la désignation du premier des socialistes à Chartres. Ce qui est vrai ici l’est bien évidemment dans toutes les autres agglomérations.
C’est dans cet esprit que la section de Mainvilliers a adressé la lettre suivante à leurs camarades de la section de Chartres :
“Dans le cadre de la désignation du premier socialiste pour le élections
municipales de mars 2008 et aux vues des articles parus dans la presse et de
la “rentrée en compétition” de plusieurs candidats, qui pourraient une fois
de plus mettre en échec l’espoir de regagner la ville de Chartres et peut
être l’agglomération, la section de Mainvilliers, sans s’imisser dans vos
débats internes tout à fait légitimes, emet les souhait que lors de la
désignation du candidat(e) pour les prochaines échéances électorales, soit
étudier la possibilité d’un “partage” des mandats et non un cumul comme cela
semble se dessiner.”
” Rompre avec les habitudes, les pratiques mises en place aussi bien par la
droite que par la gauche semblerait déjà un point de départ pour la
rénovation souhaitait par beaucoup de camarades.”
“D’autre part, les militants et sympathisants souhaiteraient avoir à lire
dans la presse des articles montrant une image plus positive du parti, plus
unitaire qui dégagerait une volonté de se mettre en ordre de “marche” pour
atteindre l’objectif que nous nous fixons tous celui de battre le candidat
en place. Dans ce sens il reste encore beaucoup à faire nous semble t il?”
amitiés socialistes
le secrétaire de section
Pour la section de Mainvilliers
Cette lettre n’a pas été portée à la connaissance de nos camarades. Est-ce par oubli ou volontairement ? Dans les deux cas, cela montre que cette démarche n’a pas été vécue comme naturelle. Et pourtant elle l’est !
D’où la proposition pour notre prochain congrès de faire participer à la désignation du premier des socialistes des villes centres les camarades des communes membres de la même intercommunalité. Bien évidemment, la forme de participation reste à inventer. Ce qui est dans la logique de notre engagement politique ! En effet, n’est-ce pas à la gauche (et donc en particulier au PS) d’être inventif pour améliorer sans cesse notre système politique ?
N’oublions donc pas ce chantier qui s’ouvre en parallèle du combat à mener pour les municipales.
Lorsqu’il dit (dans une interview à l’Express) que le système des motions du
Parti d’Epinay a vécu! On se jette des désacords à la figure pendant
plusieurs mois, pour ensuite faire des synthèses artificielles en quelques
heures. C’est incompatible avec le bon fonctionnement d’un grand parti de
gauche, qui a le devoir de rechercher les points d’accord, de les mettre en
valeur, pour reduire ensuite à leur juste expression les points de désaccord
et trancher.
D’accord également pour que notre futur premier secrétaire soit “capable de
trancher, prenant des risques, préférant l’ouverture du parti à son repli et
le remettant au travail collectif.
D’accord aussi pour dire , concernant la Vème république, qu’il “ne faut pas
confondre un pouvoir fort, capable de prendre des décisions et réformer,
avec un pouvoir autoritaire, incapable de discuter avec la société et
l’emmener vers son destin.
Et enfin d’accord avec lui lorsqu’il dit “nous (NPS) avons isolé, par nos
comportements, les thèmes de la rénovation”.
La convergence est peut-être en marche …
Rebonds
L’homme de l’été 36
Réponse à la tribune «Sur les traces de Léo Lagrange».
Par YANN LASNIER, F馘駻ation nationale L駮-Lagrange.
QUOTIDIEN : mardi 21 ao皦 2007
Ainsi, il y aurait un certain parall駘isme de forme entre le minist鑽e exerc・par L駮 Lagrange dans le cabinet
Blum et la future mission confi馥 ・Bernard Laporte ? Seul point commun de deux itin駻aires en totale
opposition, le rattachement au minist鑽e de la Sant・ Si ceci semble 黎re le signe d’une volont・politique,
aucun acte ne vient jusqu’・pr駸ent l’appuyer et il y a fort ・parier que des consid駻ations pratiques – telles que
la r馘uction du nombre de portefeuilles – ou politiciennes sont les seuls aiguillons de cette d馗ision.
Les questions de sant・ont toujours constitu・une pr駮ccupation importante pour L駮 Lagrange. N・avec le
si鐵le, engag・volontaire en 1918, l’騁at de sant・pitoyable de la jeunesse fran軋ise de cette 駱oque fut – dans
la lign馥 des positions des progressistes d’Europe du Nord – l’un des marqueurs de ses premiers engagements
politiques. Jeune militant socialiste, puis 駘u d駱ut・en 1932, il d馭endra l’essor d’une m馘ecine pr騅entive et
«l’amélioration du niveau sanitaire du pays». S’il est exact de rappeler que c’est sous l’autorit・du ministre de
la Sant・que L駮 Lagrange a port・certaines des r馭ormes qui ont fa輟nn・son oeuvre, il ne faut pas omettre
qu’il n’a eu de cesse de se d馭aire de cette encombrante tutelle pour lui pr馭駻er celle de Jean Zay, ministre
de l’Education. Paradoxalement, ce sont les premiers coups port駸 au front populaire, entra絜ant la chute du
cabinet Blum et la naissance du cabinet Chautemps, qui permettront ce remaniement. La collaboration entre
Jean Zay et L駮 Lagrange permit, entre autres, le bibliobus, la pr馭iguration du festival de Cannes ou bien
encore les mardis populaires du Louvre et l’ancrage, dans les programmes scolaires, de la pratique sportive. Des
pans entiers de l’oeuvre de L駮 Lagrange rythment encore notre quotidien et pourtant jamais la conception du
sport n’a paru si 駘oign馥 des th鑚es d馭endues par l’homme de l’騁・36. «Je crois que le jour où l’on a admis
que le jeu sur le stade pouvait être l’occasion de profits importants, on a fortement atteint à la moralité du
sport […]. Je détiens du Parlement la charge de servir les intérêts de toute la jeunesse française et non pas de
créer un nouveau spectacle de cirque.» Les positions de L駮 Lagrange, en 1936, avaient comme aspirations
profondes et permanentes la joie, le droit au bonheur, la conqu黎e de l’駑ancipation et de la dignit・ La
fonction 馘ucative et sociale du sport fait aujourd’hui figure de parent pauvre des politiques publiques qui,
l’inverse, 駻igent l’exploit individuel et collectif en crit鑽e d’騅aluation dominant. Au-del・du caract鑽e
baroque de la comparaison, il est une association de comp騁ences tr鑚 peu remise en cause depuis l’av鈩ement
de la cinqui鑪e r駱ublique, celle qui lie, dans une m麥e destin馥, la jeunesse et les sports. Les politiques de
jeunesse sont ・chaque fois les grandes oubli馥s et expriment le peu de cas que l’on fait d’elle en les r馘uisant
・un public et des pratiques.
Les paradigmes sont ・ce point diff駻ents qu’ils rendent hasardeux la comparaison des situations et des
駱oques. J’ai cependant la conviction que c’est sur la place de la jeunesse dans notre soci騁・que porterait
aujourd’hui la voix de L駮 Lagrange et non sur la trop facile exaltation des valeurs de la performance. Les
conservateurs, en 1936, n’eurent de cesse de d駑olir la v駻itable r騅olution culturelle et sociale entreprise par
L駮n Blum, d駭on軋nt l’envahissement des plages par «les salopards en casquettes» ou qualifiant L駮 Lagrangede «ministre de la paresse». Quand Pierre Mauroy, en 1981, cr馥 le minist鑽e du Temps libre, dans la droite
ligne de son illustre a絜・ les railleries furent toutes aussi acides et violentes. Point de proc鑚 d’intention donc
au futur titulaire du portefeuille, mais point non plus de raccourci h穰if dans une p駻iode o・les symboles et les
h駻itages sont l’objet de curieuses appropriations !
La tribune d’Alain Loret est parue, le 15.ao皦, dans Libération.
Ouvrage ・para羡re en octobre.2007 Léo Lagrange : l’artisan du temps libre (馘itions l’Encyclop馘ie du
socialisme).
http://www.liberation.fr/rebonds/273286.FR.php
ゥ Lib駻ation
Lorsqu’il parlait de la Ve République, le constitutionnaliste Maurice Duverger évoquait une monarchie. Ceci dans le sens premier du terme, c’est-à-dire «monarque procédant de l’Un». La gauche et un temps François Mitterrand ont caractérisé la Ve République de bonapartiste. Dans la tradition de Napoléon, de Napoléon III, voire du général de Gaulle, c’est une tendance à se situer au-dessus des réalités sociales pour mieux en défendre certaines. Chaque Bonaparte a, au départ, incarné une équation politique. Pour Napoléon, ce fut la bourgeoisie fatiguée par la Révolution, pour Napoléon III, la paysannerie parcellaire, et pour le général de Gaulle, l’alliance détonante entre une bourgeoisie moderniste, entravée par une représentation parlementaire instable, dépendant de l’empire colonial, et les pieds-noirs excédés par les pertes de l’empire. Les conditions de l’accession au pouvoir ne furent, bien sûr, jamais celles de sa pratique. Avec Nicolas Sarkozy, nous sommes au cours de cette continuité. Tout à la fois par inclination personnelle, l’homme a soif de revanche : il fut longtemps ignoré voire méprisé dans l’espace chiraquien alors qu’il pense être le seul à «savoir faire» au milieu d’un monde de nains politiques. Mais aussi pour d’autres raisons : Nicolas Sarkozy domine sans partage son camp entre soumission, affaire Clearstream et inféodation du centre. Et en face, la gauche est dans les cordes, entre recomposition et refondation, cantonnée à commenter le maître des lieux. L’ouverture ne fut pas une politique mais, comme il se doit, en régime monarchique, le fait du prince, jouant sur ce que Pascal appelait l’appétit «des grandeurs d’établissement». Bref, appuyé sur l’alliance improbable du complexe militaro-audiovisuel et des perdants de la mondialisation, Nicolas Sarkozy règne seul, monarque substitutif à l’ensemble de la classe politique, Bonaparte faisant mine de s’installer pour dix ans. Le Président se fixant comme manifestation ultime de son pouvoir personnel la possibilité de s’exprimer devant un parlement réduit au silence. Evidemment, ceci est programmé à la veille des municipales, dans un congrès offrant au «pouvoir» une victoire assurée et menaçant, dans le cas contraire, la classe politique d’un référendum. Tout semble bien aller, et pourtant les premiers pas du Président ne furent pas sans contradictions, hésitations et revirements. Se consacrant à l’édification de son pouvoir personnel, Nicolas Sarkozy a évité les dossiers majeurs tout en déployant un rideau de fumée législative censée satisfaire l’appétit conservateur de ses électeurs et provoquer l’ire bien pensante de la gauche.
Le premier round parlementaire fut tout entier protégé par la victoire présidentielle, oubliant la contre-performance législative qui en dit long sur la volatilité électorale française. Le Président a touché à tout, s’est substitué à tous, et en particulier à son Premier ministre, mais n’a pas encore osé s’attaquer aux dossiers phares de son quinquennat comme, par exemple, le contrat unique, les retraites ou la sécurité sociale. Ce qui est signifiant. Mais en plus, Nicolas Sarkozy est passé à côté de deux décisions stratégiques majeures. La première, et le conseil Ecofin lui a vertement fait remarquer, celle de s’attaquer aux déficits publics (rappelons que la dette de l’Etat est, au 30 juin, supérieure à 933 milliards d’euros et que la dette sociale est de 121 milliards d’euros, en progression de 10,7 milliards d’euros sur un an). Non seulement Nicolas Sarkozy ne les a pas attaqués de front, mais il a soutenu, tel un joueur de bonneteau, qu’il fallait les aggraver pour pouvoir les résorber. Le problème pour Nicolas Sarkozy, c’est que sa mystification est aujourd’hui une bombe à retardement dans le retournement de la conjoncture mondiale dû à l’effondrement du marché immobilier aux Etats-Unis. Cela augure d’une politique d’austérité à venir, dont la TVA sociale n’est que l’avant-garde, et qui n’est pas tout à fait le mandat qu’une partie des salariés de ce pays a donné à l’exécutif. L’autre raté fut dû à la fascination de Nicolas Sarkozy pour l’Amérique en général et George Bush en particulier. Tandis que défilaient sur les Champs-Élysées nos forces armées et celles des vingt-six autres pays de l’Union européenne que le président de la République avait invitées, le chef du Kremlin annonçait, par décret, que la Russie suspendait sa participation aux négociations sur le traité adapté d’Istanbul de 1999. Ce document, que le quai d’Orsay considère comme une pierre angulaire de la sécurité en Europe, devait permettre de fixer durablement les relations stratégiques des forces conventionnelles entre les pays de l’Alliance atlantique et la Russie. Ce n’est qu’un élément de plus, que tous les observateurs avisés ont pu constater, de la dégradation accélérée des relations avec Moscou. Ceci est fort dommageable car il s’agit bien de la stabilité de notre continent et de ses relations avec un immense pays, qui n’a toujours pas rempli ses obligations de retrait de ses forces en Géorgie et en Moldavie, avec, en toile de fond, le sujet du déploiement du bouclier américain « antimissile » et du stationnement des troupes et du matériel américains dans les pays de l’ancien Pacte de Varsovie. Le sujet est d’importance et méritait un peu plus que la langue de bois diplomatique du porte-parole du quai d’Orsay, le 16 juillet: «On regrette et on saisira toutes les occasions de débattre avec les Russes.» Nicolas Sarkozy, occupé à se faire reconnaître par l’aigle américain passablement déplumé alors que s’annoncent les présidentielles dans ce pays, a omis l’intérêt crucial que l’Europe doit porter à l’ours russe malade. «La manœuvre a ses limites, disait Bonaparte, lorsqu’elle est confrontée à la réalité». Et celle-ci n’est pas aussi simple que l’on veut bien le dire. Les cent jours de Sarkozy furent marqués par de nombreux faux-semblants parlementaires, des évitements majeurs, mais aussi par deux absences de décision qui pèsent lourdement sur l’avenir de la France. Comme quoi on peut se substituer à tous et à tout, concentrer tous les pouvoirs… et manquer l’urgence.
2ème question :
« Selon vous, 40€ par an de franchise “sécu” est-ce acceptable?»
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