Archive pour 19 septembre 2008

Du calme (par Pierre MOSCOVICI)

C’est la première fois que je prépare un Congrès dans la situation qui est

la mienne, celle de premier signataire d’une contribution crédible, de

candidat sérieux au poste de Premier secrétaire, qui plus est au cour du

Congrès le plus compliqué que le PS ait connu depuis des décennies. Ces jeux

d’appareil sont pour le moins complexes, subtils, ils font partie de la

politique, mais ils sont aussi intellectuellement et humainement

desséchants. Ce n’est pas, je l’avoue, mon activité favorite. Je

préférerais, et de loin, me consacrer aux sujets qui intéressent – et

préoccupent – les Français, à commencer par la crise financière qui, à

travers la fragilité des établissements de crédit, la remontée de l’euro, le

coût de l’argent, la généralisation de l’instabilité, va handicaper

durablement l’économie française. Ce, d’autant plus que nos marges de

manouvres sont cruellement réduites par un paquet fiscal, inutile et

injuste, qui nous interdit tout plan de relance. Il y a là une illustration

frappante de ce « besoin de gauche » que porte notre contribution. Mais ce

blog explose – nous sommes à plus de 5 000 visites par jour ! – et les

passions montent. Alors, il me faut répondre.

Une observation d’abord. Quand j’ai souhaité déposer une contribution

générale, à l’origine au titre de « Socialisme et démocratie » – qui m’en a

confié la responsabilité le 18 mai à l’unanimité – puis avec « Rénover

maintenant », je n’imaginais pas ce que j’allais vivre. Eh bien, je n’ai pas

été déçu ! Je n’insiste pas sur les manouvres diverses, et amicales, que j’ai

dû déjouer, sur les mises en scène dont j’ai été l’objet. Tout cela est

connu. Non, ce qui me frappe est autre chose : la suspicion constante dont

toute initiative, toute expression libre est entourée. Ainsi, je souris de

la colère que certains expriment ici, du rappel à l’ordre qui m’est fait de

respecter le « mandat de La Rochelle », comme si ceux qui en ont empêché la

réalisation, qui ont promu un schéma alternatif malgré le vote des militants

de la contribution, en étaient les gardiens. Parfois, on croit rêver. et c’est

un mauvais rêve. J’ai appris à vivre avec tout ça, avec les mauvaises

manières, la mauvaise foi, la défiance : je le regrette, mais j’avance, avec

mon éthique, avec mes principes, avec ma cohérence.

Alors, où en suis-je ? Eh bien, toujours au mandat de La Rochelle. Je parle

à Martine Aubry, franchement, et pas seulement, comme le disent certains qui

ne peuvent écrire un SMS sans le dire à la presse, pour évoquer mon

anniversaire. Ma position est toujours la même : une motion avec Martine

Aubry et la « ligne claire » – dont je ne me désolidariserai pas – et une

approche, disons prudente, des amis de Laurent Fabius, avec la proposition

de ma candidature, le préalable n’étant pas tant cela que la primaire

ouverte et la non-présidentialisation du parti. Je crois que c’est toujours

possible. J’ai par ailleurs, et j’espère qu’on ne me le reprochera pas,

lancé un appel au rassemblement des réformistes, au retrait des «

présidentiables » de la course au leadership. Ségolène l’a fait, qui s’en

plaindra ? Mais c’est me faire un mauvais procès – je commence à avoir l’habitude

- que de m’accuser d’un ralliement à sa cause : j’ai au contraire dit

clairement lundi pourquoi ce n’était pas le cas. Ça fait un an que je le

répète ici : je ne ferai pas le Congrès pour Ségolène Royal, mais pas non

plus un Congrès du « Tout sauf Ségolène ». Et je discute aussi avec Bertrand

Delanoë. Est-ce un crime ? Je rappelle que c’était dans notre « mandat » -

pour ceux qui ont l’esprit procédurier – du 18 mai, et aussi dans celui de

la Rochelle. Faut-il ostraciser le maire de Paris ? Il me semble au

contraire avoir lu, dans cette lettre de « Socialisme et démocratie » qui ne

me publie plus, qu’il fallait l’accueillir dans la majorité nouvelle.

Certains l’écrivent mais ne le font pas. Moi si.

Alors, chers amis, je demande non pas de l’indulgence, mais du calme, de la

confiance. Je ne sais pas, à cette heure, comment se dénouera notre

aventure. Mais je sais que j’aurai, tout au long de ce parcours, agi avec

une cohérence dont je n’ai jamais dévié, avec une intuition que je ne renie

pas, dans la transparence et dans l’intérêt général du parti. J’aimerais que

tout le monde puisse en dire autant. Jusqu’au bout, en tout cas, je n’en

varierai pas.


 

septembre 2008
L Ma Me J V S D
« août   oct »
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930  

Commentaires récents

Aziz sur Pour le respect des règle…
Jean-François GONEL sur un blog ouvert à tous les cama…
Jean-François GONEL sur un blog ouvert à tous les cama…
Franck sur mon choix
Pierre sur extrait du blog de Pierre…

Blog Statistiques

  • 3,168 visites

a

Articles les plus consultés

  • Aucun