Archive pour septembre 2008

Et si on parlait de politique pendant que….

Pendant que ses amis politiques se déchirent en France, Dominique Strauss-Kahn est totalement absorbé par sa fonction de directeur général du Fonds monétaire international. Qui plus est alors que le système financier américain est ébranlé par une grave crise. L’occasion pour DSK de livrer son diagnostic et de proposer les services du FMI comme régulateur du système.

Dominique Strauss-Kahn prône la régulation de la finance internationale. (Reuters)

 

Est-ce que la peur est le pire ennemi de l’économie, comme le dit Nicolas Sarkozy?
Le plus grand danger, c’est qu’on oublie la peur. Le risque, quand la crise financière sera maîtrisée, c’est qu’on revienne aux vieilles habitudes. Pour l’instant, on éteint l’incendie. C’est ce qu’il faut faire dans l’immédiat, et c’est ce que font les autorités américaines. Mais après, nous devrons tirer les conséquences de ce qui vient d’arriver: donc réglementer très précisément les institutions et les marchés financiers. C’est parce qu’il n’y avait ni règle, ni contrôle -ou pas assez de règles et de contrôles- que cette crise est née.

Comment avez-vous vécu cette crise? A un moment, avez-vous vu l’économie mondiale s’écrouler?
La dramatisation est trompeuse. Cela fait des mois que je savais à quel point le système financier était fragile. En avril dernier, le FMI avait publié ses conclusions sur la crise financière américaine. Le jour où j’ai reçu le rapport de mes services, j’ai été impressionné: nous estimions les pertes à 1000 milliards de dollars… mais seulement 200 avaient déjà été enregistrés. Donc il y avait encore 800 milliards de pertes à venir… Et nous étions un peu en dessous de la réalité!

Qu’avez vous fait à l’époque?
J’ai publié ces chiffres. Le FMI a joué son rôle. Nous avons dit que la crise financière provoquerait un ralentissement sensible de la croissance mondiale. Mais on n’a pas voulu nous entendre. On nous a reproché notre pessimisme. D’habitude, les prévisions du FMI sont des références. Là, le ralentissement net de la croissance était plus dur a accepter.

Auriez-vous dû crier plus fort?
On peut toujours se reprocher de ne pas avoir fait assez de bruit. Mais tout gouvernement a toujours tendance à refuser les obstacles, tant qu’il n’a pas le nez dessus. J’ai été ministre, je connais cela!

Nos gouvernements doivent préparer les populations à la récession?
Il y a un ralentissement sérieux et durable de la croissance mondiale. Ça va être difficile pour l’Europe et parfois plus dur encore dans certains pays pauvres, surtout ceux qui sont directement frappes par “l’autre crise”, celle de prix des matières premières. Mais l’économie réelle ne s’effondre pas. Les monnaies ne basculent pas. Les banques centrales parviennent à gérer la crise financière.

Et ça peut tenir indéfiniment?
Non. C’est pour cela qu’il faut réformer. Jusqu’ici, on a résolu les problèmes à mesure qu’ils se présentaient. Maintenant, il faut les attaquer globalement. Ce sont les 700 milliards de dollars du plan Paulson. Ce plan est bienvenu, parce qu’il est global. Mais il doit être le premier acte d’une action politique internationale.

Mais les contribuables américains ne veulent pas payer pour les erreurs des financiers…
C’est compréhensible. En Europe, nous avons aussi eu ce débat sur la “socialisation des pertes et la privatisation des profits”… Les politiques injectent de l’argent public pour éviter que tout l’édifice financier s’écroule parce que c’est la stabilité de nos économies qui en depend. Mais ensuite, il faut réformer. Sinon, s’imposera l’idée du puits sans fond, de l’Etat qui vole au secours des managers incompétents et des spéculateurs cupides.

Donc il faut une réponse politique, pas seulement technique.
En l’occurrence, il n’y a pas de réponse financière qui ne soit politique. Mais s’il n’y a qu’un discours politique, c’est de l’incantation. Aujourd’hui, on admet que la crise vient de l’absence de régulation par la puissance publique. Le marché ne se suffit pas à lui-même. Le marché ne soigne pas le marché…

Nicolas Sarkozy parle de la fin “d’un capitalisme financier” qui avait “perverti” l’économie…
Cela montre le niveau de l’inquiétude générale. C’est la fin d’une période où l’on a cru que le marché suffisait à réguler l’activité financière. Cela n’a jamais été mon cas.

Avez-vous été choqué ces dernières années?
Trop souvent! Le système n’avait plus de sens. Pour maximiser leurs gains, des acteurs de la finance prenaient des risques inconsidérés. On multipliait des produits dont on ne maîtrisait pas les dangers; on avançait à l’aveugle, dans des transactions opaques… Aujourd’hui les tycoons de la finance reconnaissent en privé qu’ils ont été trop gourmands! Ça montre que la question des rémunérations n’est pas marginale: contrôlons les gains des financiers, on contrôlera aussi la finance. Mais ce n’est pas une question morale mais idéologique.

Idéologique?
L’idéologie dominante prônait la régulation des marchés par le seul marché. Les régulateurs -comme moi, si vous permettez- étaient minoritaires. Je pense que c’est terminé. L’idéologie de l’autorégulation est pulverisée par les faits. Les Etats, les puissances publiques reviennent. Partout. Pour sauver le système financier, on en vient à des solutions qui rappellent les nationalisations temporaires que je prônais en France, sous les lazzis: c’était du colbertisme! C’est devenu du simple bon sens.

Le social-démocrate exilé au FMI est devenu hégémonique…
Il n’y a aucun débat partisan ici. Des progressistes comme Lula ou Zapatero, mais aussi Nicolas Sarkozy, et les Chinois, et -vous verrez- les Américains, réclament ou réclameront une régulation.

Et qui va mener cette réforme?
Le Fonds monétaire international peut le faire. Les gouvernements de la planète, tous les gouvernements, pas seulement ceux des pays riches, ont intérêt a se servir du FMI pour cela. Nous avons été créés en 1944 comme une sorte de service public mondial. Nous sommes les gardiens d’un bien public global: la stabilité financière, au service de l’économie. En 1944, ce qui menaçait, c’était l’anarchie monétaire. Aujourd’hui, il faut faire face, en plus, à l’anarchie financière: l’opacité, la cupidité, l’irresponsabilité d’un système qui s’est developpé sans rapport avec l’économie réelle… La finance doit être contrôlée. Nous sommes prêts à le faire si on nous en donne le mandat. Nous sommes dans notre rôle, et je le revendique.

Le FMI sera un gardien mondial des finances mondiales?
Il doit être le lieu de la discussion d’abord, de la décision ensuite. Sur l’analyse de la crise comme sur les normes qu’il faut adopter. On connaît les pistes: transparence des transactions et de l’évaluation des actifs; contrôle des rémunérations; évaluation des risques, notamment pour les fonds d’investissement. De même les agences de notation doivent être supervisées. C’est un devoir pour les puissances publiques de définir, au niveau international, des rêgles universelles de fonctionnement des marchés financiers…

Une seule règle, un seul règlement? La même loi à Londres, à Tokyo, à New York?
Chaque pays votera ses propres lois. C’est le minimum indispensable de la légitimité démocratique! Mais les règles générales devront être universelles, parce que le système financier est globalisé…

Et qui fera appliquer ces rêgles? Le FMI?
La décision, entre les Etats, doit reposer sur le consensus. On peut avoir des autorités nationales ou régionales (comme l’Union Européenne, par exemple), mais il faut un garant global. Une institution qui vérifie que les normes -transparence, équité- sont appliquées partout. Le président brésilien Lula et les premiers ministres anglais et espagnols Brown et Zapatero, le ministre des finances allemand Steinbruck, viennent de souligner la nécessité d’un organisme international pour superviser les systèmes financiers. Cette idée va s’imposer.

C’est le “Bretton Woods” que réclame la France?
C’est un beau titre! A Bretton Woods, en 1944, on a traité de la guerre des monnaies. Maintenant, on doit imposer l’ordre public aux banques et aux marchés financiers. Parce que nous rassemblons tous les pays, nous sommes capables de définir et de garantir le compromis et l’intérêt général. C’est ce dont le monde a le plus besoin. Longtemps, la Chine et les Etats-Unis ont refusé d’être soumis à nos missions d’évaluation de la stabilité financière. Cette année, ils viennent d’accepter! C’est un signe.

Vous êtes préoccupés par la situation française?
Comme citoyen, la France ne me quitte pas. Mais le Directeur du FMI, par tradition, ne s’exprime pas sur la situation économique de son pays. Les Etats-Unis sont passés du laisser-aller à l’interventionnisme en quelques jours.

Les Européens seraient-ils capables de réagir aussi vite en cas de crise majeure?
Aujourd’hui, non, faute d’un gouvernement économique européen. Les Etats-Unis sont un pays. L’Europe est une construction.

Les Etats-Unis sont un pays qui n’est pas tenu par des normes budgétaires. L’Europe doit-elle assouplir ses règles, renoncer à ce que Nicolas Sarkozy qualifie de “religion”?
L’Europe a besoin de politique, de décision, de rapidité… Mais elle n’a pas besoin de désordre! S’abstraire de ses propres règles, alors qu’on a décidé de réguler le système financier international, ça serait curieux. S’il faut ajouter à l’anarchie financière le laisser-aller budgétaire, on jouera à l’envers. On ne va pas ajouter de l’endettement à l’endettement!

Proposition de rénovation

Nous sommes nombreux à trouver illisible voire contre productive  la méthode actuelle de préparation de  nos congrès.

 

En effet, il est très difficile pour « l’adhérent(e) de base » de voir clairement les différences entre  les contributions ou entre les motions ; souvent, on peut trouver de bonnes propositions dans toutes les motions …. Mais on ne peut voter que pour l’une d’entre elles. Ensuite, l’équipe chargée de la mise en œuvre n’est mal pas clairement identifiée et le seul choix clair (celui des premiers secrétaires à chacun des échelons) est fait de façon déconnectée du choix du projet et de l’équipe.

 

Je propose donc que nous adoptions lors d’un prochain congrès la méthode du scrutin municipal qui me paraît être à la fois claire, efficace et conforme à nos valeurs.

 

Ainsi, les différents(tes) candidats(tes) aux postes de premier secrétaire (national, départemental, section) se présenteraient avec un programme (portant sur le projet politique et la gouvernance du parti) et avec une équipe identifiée (trésorier, porte parole, …).

Comme pour les municipales, il s’agirait d’un scrutin majoritaire avec dose de proportionnelle.

Comme pour les municipales, il y aurait deux tours (ce qui permettrait de réaliser clairement des alliances entre les deux tours).

 

A vous de réagir !

 

Jean-Jacques Châtel.

 

Soir de sénatoriales

Triste évidemment mais ce résultat était largement prévisible. Explications. Tout d’abord examinons de plus près le corps électoral : 1244 grands électeurs en E&L soit 4 députés 12 conseillers régionaux (dont 4 PS, 1 PC 1 Vert) 29 conseillers généraux (dont 7 PS, 1 PRG, 2 DVG) 1200 élus municipaux – Environ 21% d’entre eux représentent les communes de moins de 500 habitants à raison d’un élu par commune ; – Environ 27% d’entre eux représentent les communes dont la population est comprise entre 500 et 1 500 habitants à raison de 3 élus par commune ; – Environ 14% d’entre eux représentent les communes dont la population est comprise entre 1 500 et 3 500 habitants à raison de 5 élus pour les communes dont la population est comprise entre 1 500 et 2 500 habitants et 7 élus pour les communes dont la population est comprise entre 2 500 et 3 500 habitants ; – environ 30% d’entre eux représentent les communes dont la population est comprise entre 3 500 et 20 000 habitants ; dans ce cas tous les conseillers municipaux de la commune sont grands électeurs. – Enfin environ 8% d’entre eux représentent les communes de Dreux et Chartres. Une grande majorité du corps électoral (environ 62%) est donc issue des communes de moins de 3 500 habitants (53% de la population d’E&L) dont les élus se disent la plupart du temps sans étiquette (ce qui est leur droit) et parfois apolitique (ce qui est plus surprenant puisqu’on fait nécessairement de la politique lorsqu’on gère une cité et qu’on est amené à « prendre parti » par exemple dans le cadre des élections sénatoriales). Les résultats maintenant : 1232 votants (le vote étant obligatoire, une douzaine de grands électeurs devraient avoir une amende pour ne pas avoir été voter …) 1222 suffrages exprimés (soit 10 bulletins blancs ou nuls) ; la majorité absolue était donc à 612 voix. G Cornu a obtenu 706 voix (environ 58% des suffrages exprimés) A De Mongolfier a obtenu 633 voix (environ 52% des suffrages exprimés) J Billard a obtenu 616 voix (soit 4 de plus que la majorité absolue) 3 sièges étant à pourvoir, ces trois candidats (tous UMP) sont élus. Les candidats de gauche … Jacky Jaulneau (suppléant Daniel Frard) a obtenu 362 voix (environ 30%) , Christian Gigon 239 voix, Jacques Geffroy 201 voix, Gisèle Quérité 70 voix. Les autres candidats de droite … P Hoguet a obtenu 227 voix et J Lemare 184 voix. Le candidat du Front National a obtenu 19 voix et le candidat sans étiquette 18 (alors que plus de la moitié des grands électeurs sont sans étiquette ….) Pourquoi ce résultat était-il prévisible ? Parce que seulement 250 grands électeurs sont de gauche (PS, PRG, PC, Verts, DVG) soit environ 20% du corps électoral (Chartres, Dreux et Chateaudun sont toujours à droite …); un(e) candidat(e) de gauche ne pouvait donc être élu(e) que si de nombreux élus « sans étiquette » avaient voté pour lui (elle). Ce n’est pas ce qui s’est passé (sauf un peu pour Jacky Jaulneau et Daniel Frard). De nouveau, les élus sans étiquette se sont révélés être des élus UMP. PS : en fait, si la droite n’avait pas modifié le mode de scrutin des sénatoriales, nous aurions voté aujourd’hui pour une liste de 3 candidats et la proportionnelle se serait appliquée. Dans cette hypothèse, la gauche avait beaucoup plus de chance d’avoir un(e) élu(e). C’est d’ailleurs pour cela que le mode de scrutin a été changé et que la proportionnelle ne s’applique que s’il y a 4 sénateurs ou plus par département. Un soir triste donc mais sans surprise malheureusement… Le seul espoir résidait dans le fait qu’il y ait un second tour. Et cela aurait été le cas si J Billard avait obtenu 4 voix de moins…

Du calme (par Pierre MOSCOVICI)

C’est la première fois que je prépare un Congrès dans la situation qui est

la mienne, celle de premier signataire d’une contribution crédible, de

candidat sérieux au poste de Premier secrétaire, qui plus est au cour du

Congrès le plus compliqué que le PS ait connu depuis des décennies. Ces jeux

d’appareil sont pour le moins complexes, subtils, ils font partie de la

politique, mais ils sont aussi intellectuellement et humainement

desséchants. Ce n’est pas, je l’avoue, mon activité favorite. Je

préférerais, et de loin, me consacrer aux sujets qui intéressent – et

préoccupent – les Français, à commencer par la crise financière qui, à

travers la fragilité des établissements de crédit, la remontée de l’euro, le

coût de l’argent, la généralisation de l’instabilité, va handicaper

durablement l’économie française. Ce, d’autant plus que nos marges de

manouvres sont cruellement réduites par un paquet fiscal, inutile et

injuste, qui nous interdit tout plan de relance. Il y a là une illustration

frappante de ce « besoin de gauche » que porte notre contribution. Mais ce

blog explose – nous sommes à plus de 5 000 visites par jour ! – et les

passions montent. Alors, il me faut répondre.

Une observation d’abord. Quand j’ai souhaité déposer une contribution

générale, à l’origine au titre de « Socialisme et démocratie » – qui m’en a

confié la responsabilité le 18 mai à l’unanimité – puis avec « Rénover

maintenant », je n’imaginais pas ce que j’allais vivre. Eh bien, je n’ai pas

été déçu ! Je n’insiste pas sur les manouvres diverses, et amicales, que j’ai

dû déjouer, sur les mises en scène dont j’ai été l’objet. Tout cela est

connu. Non, ce qui me frappe est autre chose : la suspicion constante dont

toute initiative, toute expression libre est entourée. Ainsi, je souris de

la colère que certains expriment ici, du rappel à l’ordre qui m’est fait de

respecter le « mandat de La Rochelle », comme si ceux qui en ont empêché la

réalisation, qui ont promu un schéma alternatif malgré le vote des militants

de la contribution, en étaient les gardiens. Parfois, on croit rêver. et c’est

un mauvais rêve. J’ai appris à vivre avec tout ça, avec les mauvaises

manières, la mauvaise foi, la défiance : je le regrette, mais j’avance, avec

mon éthique, avec mes principes, avec ma cohérence.

Alors, où en suis-je ? Eh bien, toujours au mandat de La Rochelle. Je parle

à Martine Aubry, franchement, et pas seulement, comme le disent certains qui

ne peuvent écrire un SMS sans le dire à la presse, pour évoquer mon

anniversaire. Ma position est toujours la même : une motion avec Martine

Aubry et la « ligne claire » – dont je ne me désolidariserai pas – et une

approche, disons prudente, des amis de Laurent Fabius, avec la proposition

de ma candidature, le préalable n’étant pas tant cela que la primaire

ouverte et la non-présidentialisation du parti. Je crois que c’est toujours

possible. J’ai par ailleurs, et j’espère qu’on ne me le reprochera pas,

lancé un appel au rassemblement des réformistes, au retrait des «

présidentiables » de la course au leadership. Ségolène l’a fait, qui s’en

plaindra ? Mais c’est me faire un mauvais procès – je commence à avoir l’habitude

- que de m’accuser d’un ralliement à sa cause : j’ai au contraire dit

clairement lundi pourquoi ce n’était pas le cas. Ça fait un an que je le

répète ici : je ne ferai pas le Congrès pour Ségolène Royal, mais pas non

plus un Congrès du « Tout sauf Ségolène ». Et je discute aussi avec Bertrand

Delanoë. Est-ce un crime ? Je rappelle que c’était dans notre « mandat » -

pour ceux qui ont l’esprit procédurier – du 18 mai, et aussi dans celui de

la Rochelle. Faut-il ostraciser le maire de Paris ? Il me semble au

contraire avoir lu, dans cette lettre de « Socialisme et démocratie » qui ne

me publie plus, qu’il fallait l’accueillir dans la majorité nouvelle.

Certains l’écrivent mais ne le font pas. Moi si.

Alors, chers amis, je demande non pas de l’indulgence, mais du calme, de la

confiance. Je ne sais pas, à cette heure, comment se dénouera notre

aventure. Mais je sais que j’aurai, tout au long de ce parcours, agi avec

une cohérence dont je n’ai jamais dévié, avec une intuition que je ne renie

pas, dans la transparence et dans l’intérêt général du parti. J’aimerais que

tout le monde puisse en dire autant. Jusqu’au bout, en tout cas, je n’en

varierai pas.

Analyse des résultats de l’élection législative partielle de septembre 2008

 

Au premier tour par rapport au premier tour de février 2008

Environ 1% d’inscrits en moins ;

Presque 27% de votants en moins (soit environ 9 000 électeurs) ;

Presque 28% d’exprimés en moins (id).

 

Le PC recule de près de 43% mais il y avait cette fois-ci une présence de l’extrême gauche ;

Le PS recule de près de 47% mais il y avait cette fois-ci un candidat divers gauche (Georges Lemoine) ; en additionnant ses voix, le PS ne recule que de 19%.

 

La gauche (PS-PC) recule de près de 21% ;

La gauche avec l’extrême gauche ne recule que d’environ 15%

 

Jean-Pierre Gorges ne recule que d’environ 5% ;

L’extrême droite recule de près de 37% ;

Ensemble, ils reculent de 8%.

 

Au final, la gauche recule assez nettement plus que la droite (21% au lieu de 5%) ;

La différence est moins nette entre gauche et extrême gauche d’une part (-15%) et droite et extrême droite d’autre part (- 8%).

 

Une partie de l’explication peut se trouver dans l’attitude des électeurs du Modem non présent cette fois-ci.

 

Une simulation des scores sur la base de la baisse de 27,83% du nombre d’exprimés permet de pronostiquer qu’environ 40% des électeurs du Modem de février dernier pourraient avoir voter pour la gauche (Georges Lemoine compris) et … 60% pour la droite.

 

Au second tour par rapport au premier tour.

Il y a eu 3 207 votants en plus et 3 081 exprimés en plus : le nombre de bulletins blancs et nuls est passé de 874 à 1 000.

David Lebon augmente de 2 172 voix le score du premier tour de la gauche et de l’extrême gauche réunies (13 885 au lieu de 11 713).

Jean-Pierre Gorges n’augmente que de 909 voix son score du premier tour auquel est ajouté les voix de l’extrême droite (13 370 au lieu de 12 461).

On peut donc estimer que plus des deux tiers des électeurs du second tour n’ayant pas voté au premier ont voté pour David Lebon.

 

En ce qui concerne la ville de Chartres, elle a apporté au second tour 872 électeurs supplémentaires (sur les 3 207 de l’ensemble de la circonscription) et 788 suffrages exprimés supplémentaires (sur les 3 081). Cela est en cohérence avec le pourcentage d’électeurs chartrains dans la circonscription : un peu plus de 25%.

David Lebon n’a progressé à Chartres que de 233 voix (par rapport au total des voix de gauche et d’extrême gauche du premier tour !) et Jean-Pierre Gorges a conforté son avance sur la ville en ayant 555 suffrages supplémentaires (par rapport à son score du premier tour augmenté des voix de l’extrême droite).

QUOI QU’IL ARRIVE?

Je partage à 101% la position de Pierre Moscovici, position présentée dans

l’article ci-dessous tiré de son blog.

JJ CHATEL

QUOI QU’IL ARRIVE?

Mon émission à CANAL + hier a fait couler un peu d’encre et beaucoup de

salive. En disant que j’étais de façon générale hostile à « toute

candidature quoi qu’il arrive », j’ai ouvert la porte à beaucoup d’interprétations.

Pour certains, j’aurais mis de « l’eau dans mon vin », après ma « colère d’Achille

». Pour d’autres, j’aurais tout simplement renoncé, ou au moins faibli.

Claude Bartolone insinue même dans « Marianne » que je vais « craquer »,

rentrer dans le rang – le sien bien sûr. Après la « méthode forte » du

week-end – je veux dire la politique patibulaire – il suffirait d’un peu de

patience pour que je revienne à la raison reconstructrice. Quelle

psychologie ! Quelle finesse ! Quelle délicatesse ! Quelle élégance même !

Décidément, ils ne comprennent rien. Pour moi, c’était clair, mais

apparemment il faut que je m’explique mieux sur des idées très précises dans

mon esprit.

Depuis plusieurs mois, j’attire l’attention sur les dangers, à Reims, d’un

Congrès de Rennes bis. Il y a dans ce parti une large majorité réformiste,

dont la lecture des contributions permet aisément de vérifier l’existence.

Au fond, il y a peu de différences – il y en a quelques unes, pas

insurmontables à mes yeux – entre la plupart des textes susceptibles de

donner naissance à une motion à vocation majoritaire. On retrouve, de façon

classique, deux grandes familles au Parti Socialiste, l’une relevant, de

façon plus ou moins avouée, plus ou moins marquée, de la logique

social-démocrate, l’autre, qui se réclame, de façon à mon sens indue, d’une

orientation « plus à gauche », en réalité plus tribunicienne ou plus

radicale. Chacune de ces familles est divisée, toutes deux peuvent envisager

de se regrouper. De cela découle que la question centrale dans ce Congrès ne

sera pas tant l’identité idéologique du parti que son mode de gouvernance,

la nature de son leadership, autour de l’affirmation ou du refus de sa

présidentialisation. Ici s’ouvre la tension, récurrente, entre l’aspiration

à l’unité, très forte chez les militants, la nécessité de la clarification,

qu’ils ressentent également, la volonté de trouver un « chef ». Nous vivons

sous la Vème République je ne l’ignore pas. Le PS doit se préparer,

impérativement, au grand rendez-vous présidentiel de 2012, pour l’emporter.

Comment notre Congrès peut-il, doit-il nous y amener ? Je ne suis pas, loin

s’en faut, hostile dans l’absolu à l’idée d’un présidentiable à la tête du

Parti : François Mitterrand et Lionel Jospin ont, à des moments différents,

de manière différente, chacun avec son style, avec des résultats inégaux,

joué ce rôle. Mais attention, être à la tête du Parti ne garantit pas la

candidature présidentielle ! Après le Congrès de Rennes, le Parti a connu

une terrible période d’instabilité, avec 5 Premiers secrétaires en 5 ans,

dont Pierre Mauroy, Laurent Fabius et Michel Rocard, qui pouvaient

évidemment prétendre à la fonction suprême, ou du moins concourir en 1995.

La compétition, finalement, fut livrée par un « outsider ». un certain

Lionel Jospin. François Hollande, resté 11 ans Premier secrétaire, n’a pu

être candidat.

C’est pourquoi la question du leadership ne doit pas être posée

abstraitement, hors du temps, elle doit l’être concrètement, aujourd’hui,

dans la situation présente. Au fond, la question qui nous est posée est la

suivante : sommes-nous en état de trouver aujourd’hui un leadership

présidentialiste qui unifie ? Je ne le crois pas. S’il y avait aujourd’hui

un homme, ou une femme, qui s’impose, capable de réunir une large majorité

sur son nom, je serais immédiatement derrière lui ou derrière elle, avec

enthousiasme, pour apporter le concours actif de la génération qui suit.

Chacun sait que ce n’est pas le cas, qu’aucun d’eux n’a aujourd’hui une

véritable avance sur les autres, dans le Parti ou auprès des Français, qu’un

Congrès de confrontation aboutirait à la fois à une nouvelle dégradation du

climat au sein du PS, à un effondrement de notre image déjà mauvaise dans l’opinion,

à une bataille constante pour la présidentielle, sans que nous soyons en

mesure pour autant de nous mettre en ordre de marche. C’est pourquoi j’ai la

conviction, forte, que l’exigence d’unité, de clarté idéologique, de remise

au travail doit l’emporter sur toute autre considération en 2008, la

compétition présidentielle devant pour sa part être tranchée en 2011 à

travers des primaires ouvertes. C’est pourquoi je suis candidat au poste de

Premier secrétaire, avec une grande détermination, plus forte encore depuis

La Rochelle. C’est pourquoi cette option, qui en d’autres circonstances, n’existerait

tout bonnement pas, gagne chaque jour en crédibilité et en audience auprès

des militants – j’en ai eu confirmation encore Mercredi dans un débat

militant aux Mureaux.

Alors, s’agit-il d’une candidature « quoiqu’il arrive » ? Si le Parti ne

parvient pas à dégager une solution rationnelle, si nous ne savons pas, d’ici

au Conseil national de Synthèse du 23 septembre, trouver les voies de l’unité

dans la clarté, oui, bien sûr, il y aura une offre politique alternative à

celle des 2 ou 3 présidentiables qui veulent aujourd’hui s’engager et je l’incarnerai.

Faut-il aller jusque là, accepter cette confrontation, qui abîmerait le PS,

comme une fatalité ? Je ne le crois pas. Est-ce l’intérêt particulier de

Ségolène, Bertrand, Martine, de se faire les protagonistes de la

fragmentation du PS alors qu’ils souhaitent légitimement – ne soyons pas

faux-cul – le représenter face à Sarkozy en 2012 ? Est-ce l’intérêt général

de la gauche ? Est-ce là ce qu’on attend de nous ? Non, non, cent fois non.

Voilà pourquoi rien ne doit être considéré comme inéluctable, définitif,

quoi qu’il arrive. Il faudra bien que les principales personnalités du PS,

celles qui peuvent incarner l’avenir de la gauche devant le Pays, se parlent

sans se faire les uns aux autres des procès d’intention, il faudra bien qu’elles

soupèsent leur responsabilité avant de se lancer dans cette aventure, que ce

Congrès soit maîtrisé, sans quoi nous en paierons les pots cassés dès les

Européennes de juin 2009. J’ai la conviction que le chemin que je propose

est le bon pour le Parti, celui du ressaisissement collectif, du renouveau,

du rajeunissement, du travail, du réformisme assumé. Je le défendrai tout au

long de ce Congrès, sans faiblir, sans transiger sur les principes, sans

passer d’alliances peu lisibles. Quoi qu’il arrive, donc.

Quelle nouvelle aujourd’hui ?

celle-ci en provenance du blog de Jean-Jacques Urvoas (député du finistère)

qui permet au moins de connaitre l’âge de nos “capitaines”

On en parle à La Rochelle (2).

30 août 2008 | Publié dans Blablabla…

Les contributions sont unanimes, il faut refonder le PS, mieux l’animer,

redonner du sens collectif à nos échanges. Et donc souvent changer la

direction.

Et parce que les bonnes idées n’ont pas d’âge mais simplement de l’avenir,

je regarde le balais de nos dirigeants évoquer ce nécessaire changement.

Les benjamins sont rares. Entre 35 et 45 ans, je ne trouve que D. Batho (35)

et B. Hamon (41).

Vient ensuite une catégorie à peine plus fournie entre 46 et 55 ans : M.

Valls (46), A. Montebourg (46), V. Peillon (48), H. Désir (49), G. Gorce

(50), P . Moscovici (51), J. Dray (53).

Puis le très gros du bataillon qui se situe entre 56 et 65 ans. C’est le cas

de F. Hollande (54), de S. Royal (55), de M. Dolez (56), de M. Sapin (56),

de F. Rebsamen (57), de J-C. Cambadélis (57), de J-N. Guérini (57), de J-L.

Mélenchon (57), de M-N. Lienemann (57), de C. Bartolone (57), de J-M.

Ayrault (58), de M. Aubry (58), de B. Delanoé (58), de D. Vaillant (59), de

G. Collomb (61), de L. Fabius (62), d’E. Guigou (62) et d’H. Emmanuelli

(63).

Et enfin les seniors à partir de 66 ans : J. Lang (69), L. Jospin (71), M.

Rocard (78), R. Badinter (80), P. Mauroy (80), J. Delors (83).

 

Les élections sénatoriales

Pas besoin de long discours après avoir pris connaissance du tableau suivant :

 

Tranche[1]

Population 1999

Part de la population

Délégués

Part des délégués

Moins de 3 500

20 049 000

30,41%

67 975

49,48%

3 500-8 999

8 863 840

15,16%

24 555

17,87%

 

9 000-19 999

7 237 082

12,38%

17 758

12,87%

 

20 000-29 999

4 138 946

7,08%

5 915

4,28%

30 000-99 999

9 296 191

15,90%

11 752

8,51%

Plus de 100 000

5 483 246

9,38%

6 387

4,62%

 

Paris-Lyon-Marseille

3 363 840

5,75%

3 609

2,62%

 

Il est clair que les habitants des communes de moins de 3 500 habitants sont sur-représentés dans cette élection (par près de 50% des grands électeurs alors qu’ils ne constituent qu’environ 30% de la population) alors que ceux des communes de plus de 20 000 habitants sont sous-représentés (par 20% des grands électeurs alors qu’ils représentent environ 38% de la population.

 

Visiblement, cette insupportable anomalie n’est pas encore assez connue de nos concitoyens pour que la demande de modification de ce mode de scrutin portée par les socialistes lors du débat sur la réforme constitutionnelle s’impose comme une évidente nécessité.

En ce qui concerne l’Eure-et-Loir, le site de la préfecture indique qu’il y a à ce jour 1244 grands électeurs dont 29 conseillers généraux, 12 conseillers régionaux, 3 députés (il n’y a pas actuellement de député sur la première circonscription …) et donc 1200 délégués des 403 communes de notre département.

Environ 8% d’entre eux représentent les habitants des communes de plus de 20 000 habitants (en E&L, Dreux et Chartres soit près de 18% de la population eurélienne) ;

Près de 30% d’entre eux sont issus des 17 communes d’E&L dont la population est comprise entre 3 500 et 20 000 habitants qui correspondent à environ 29% de la population (1) ;

et environ 62% d’entre eux sont issus des 384 communes de moins de 3 500 habitants (2) dont la population correspond à environ 53% de la population eurélienne.

 

On peut donc remarquer qu’en E&L également les grands électeurs ne représentent que très imparfaitement la population eurélienne.

En approfondissant cette étude (voir informations complémentaires ci-dessous), on s’aperçoit que ce sont en fait les communes de moins de 1500 habitants qui sont sur-représentées puisque 49% des délégués en seront issus alors qu’elles ne représentent que 38% de la population du département.

 

(1)     sur ces 17 communes (116 817 habitants) , 5 d’entre elles ( Lucé, Chateaudun, Nogent-le-rotrou, Vernouillet, Mainvilliers) ayant une population comprise entre 9 000 et 20 000 habitants (soit environ 16% de la population du département) ne seront représentés que par environ 14% des délégués alors que les 12 autres (*) correspondant à à peine 13% de la population eurélienne seront représentés par plus de 15% des délégués.

(2)     Sur ces 384 communes,

a.         10 ont une population comprise entre 2 500 et 3 500 habitants et correspondent à environ 7% de la population du département ; 6% des délégués en seront issus ;

b.       18 ont une population comprise entre 1 500 et 2 500 habitants et correspondent à un peu plus de 8% de la population du département ; un peu moins de 8% des délégués en seront issus ;

c.        106 ont une population comprise entre 500 et 1 500 habitants et correspondent à environ 22,5% de la population du département ; plus de 27% des délégués en seront issus ;

d.       250 ont une population inférieure à 500 habitants et correspondent à environ 16% de la population du département ; plus de 21% des délégués en seront issus.


 

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