Je ne suis pas favorable à la présidentialisation du parti. Bien sûr, il faut et faudra un leadership fort au PS. Évidemment, nous devons intégrer les institutions de la Ve République et préparer efficacement la
désignation, le moment venu, de notre candidat(e) à l’élection présidentielle : mon objectif, le seul, est d’en finir avec le sarkozisme en 2012, pour mettre en place une politique de gauche durable. Mais il ne me
semble pas cohérent de critiquer comme nous le faisons, à juste titre, l’ hyperprésidence » de Sarkozy, d’en combattre les ravages, pour introduire cette culture dans notre parti. Le PS est divers, il ne sert à rien de le nier : le principe de la proportionnelle peut être atténué, corrigé, il ne saurait être détruit. Et notre direction doit certes être ferme, légitime, mais aussi rester collective et placée sous un contrôle démocratique permanent, celui de nos instances – bureau, conseil national. La présidentialisation n’est pas dans notre culture, elle ne prendrait pas, elle entraînerait au contraire des dérives et échouerait. Il y a d’autres moyens de bien, de mieux diriger le PS que la présidentialisation. Je précise, au passage, que je suis un adversaire résolu des « synthèses molles » : notre prochain congrès ne tranchera pas toutes nos options, ce serait prématuré, il lancera un agenda de travail, chargé. Mais il doit partir d’une cohérence majoritaire, que je souhaite réformiste, européenne, bien ancrée à gauche. Nous en reparlerons.
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