Un nouveau projet historique Ces nouvelles orientations fondamentales, fondée sur la réactualisation d’un héritage, fournissent les visées de notre action à long terme. Mais il nous faut traduire celles-ci dans un projet historique. Ce projet historique, que nous n’avons jamais pris le temps d’élaborer sérieusement depuis vingt ans, fournira l’armature du programme de 2012. Nous pensons aujourd’hui qu’il pourrait s’élaborer autour de deux axes majeurs : * Restaurer l’efficacité et la légitimité de l’Etat social. Notre fidélité au « modèle social » mis en place au lendemain de la seconde guerre n’implique pas la cécité sur les difficultés qu’il traverse. Les socialistes doivent voir le courage de proposer demain leur propre ajustement du modèle social. Il nous faudra proposer des solutions qui permettent notamment de satisfaire quatre objectifs : - Aider les personnes et les territoires fragilisés à affronter les mutations économiques.
Nous devons faire face au triptyque mondialisation / révolution technologique / financiarisation.
La première réponse à ce nouvel âge du capitalisme demeure, répétons-le, la construction européenne. Il nous faudra expliciter un projet et une stratégie claire. Nous pensons que les socialistes doivent faire preuve de pédagogie. De façon plus générale, il est temps de modifier le rapport de notre pays à la mondialisation. Aux antipodes du désengagement libéral, nous continuons par ailleurs de croire au volontarisme économique. Les socialistes doivent porter une nouvelle politique industrielle. - Garantir la pérennité de notre protection sociale Nous devrons proposer une maîtrise crédible des dépenses de santé, basée sur une responsabilisation des acteurs, une régulation collective accrue du système, un investissement social dans la prévention. De façon générale, ce domaine appelle typiquement, contre les approches trop globalisatrices, une meilleure prise en compte de l’individualisation des situations et des aspirations. Qu’il s’agisse de l’éducation, où nous avons initié le mouvement de massification, mais aussi des moyens d’assurer la sécurité réelle des français, à travers la justice et la police, les socialistes doivent assumer la nécessaire réforme de l’Etat et des services publics pour garantir leur efficacité durable. - Etablir un nouveau compromis social
Un vecteur essentiel de la relégitimation des politiques publiques réside, répétons-le, dans leur plus grande individualisation.
Un autre enjeu majeur pour la gauche est celui de la ville et des territoires: nous devons, ici aussi, réintroduire de la maîtrise collective, en rénovant les cadres de vie, en combattant les effets de relégations qui affectent aujourd’hui les cités, en restaurant de la mixité sociale. Mais il nous faudra aussi impérativement travailler à l’élaboration de nouveaux instruments pour relancer la politique des revenus, qui tiennent mieux compte, là aussi, de la diversité des situations et des aspirations que des outils homogénéisant tels que le SMIC. - Relever le défi écologique Les socialistes devront, à l’évidence, redéfinir la place des énergies renouvelables et clarifier la question du nucléaire, à partir de leur volonté d’un progrès maîtrisé. * Remettre le progrès social en marche
Pour être un socialisme du réel, notre socialisme ne saurait pour autant se réduire à un pragmatisme gestionnaire. Nous croyons à la nécessité et à la possibilité d’un réformisme radical, remettant en marche l’idée même du progrès social aujourd’hui éteinte.
Cette perspective peut se dessiner autour de trois chantiers majeurs : - L’égalité réelle - L’émancipation individuelle - L’approfondissement démocratique
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