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Les socialistes soussignés, soucieux de participer à la rénovation du Parti Socialiste en débattant des questions de fond (et non de luttes de personnes) organisent une réunion ouverte à l’ensemble des adhérents et sympathisants socialistes le mercredi 7 novembre à 20H30 à la salle Esméralda , avenue Victor Hugo à Mainvilliers.
Rodolphe Kauffmann, proche de Dominique Strauss-Khan, présentera les grandes lignes du manifeste pour un socialisme nouveau, document rédigé collectivement en particulier par Laurent Baumel, Alain Bergounioux, Jean-Christophe Cambadélis, Michel Destot, Pierre Moscovici, Alain Richard, Catherine Trautmann…
Ce texte, qui se veut un texte refondateur, a pour vocation d’être débattu dans chaque département avec l’ensemble de nos camarades (toutes sensibilités confondues).
C’est dans cette logique qu’est organisée la réunion à vocation départementale du 7 novembre prochain .
Jacques Aucagne, Martine Botorel, Bernard Bouveur, Alain Charon, Josiane et Jean-Jacques Châtel, Célestin Dibao-Dina, Myriam et Dominique Edmond, Bernard Farion, Maurice Jomard, Valérie et Yann Lasnier, Jean-Luc Lécuyer, Sylvie et Christian Legendre, Geneviève Nespoulous, Christine et Guy Nicolas, Michel Paty, Michelle Proux, Mourad Souni, Michel Thavard.
NB : vous trouverez ci-joint le texte du manifeste.
Un nouveau projet historique Ces nouvelles orientations fondamentales, fondée sur la réactualisation d’un héritage, fournissent les visées de notre action à long terme. Mais il nous faut traduire celles-ci dans un projet historique. Ce projet historique, que nous n’avons jamais pris le temps d’élaborer sérieusement depuis vingt ans, fournira l’armature du programme de 2012. Nous pensons aujourd’hui qu’il pourrait s’élaborer autour de deux axes majeurs : * Restaurer l’efficacité et la légitimité de l’Etat social. Notre fidélité au « modèle social » mis en place au lendemain de la seconde guerre n’implique pas la cécité sur les difficultés qu’il traverse. Les socialistes doivent voir le courage de proposer demain leur propre ajustement du modèle social. Il nous faudra proposer des solutions qui permettent notamment de satisfaire quatre objectifs : - Aider les personnes et les territoires fragilisés à affronter les mutations économiques.
Nous devons faire face au triptyque mondialisation / révolution technologique / financiarisation.
La première réponse à ce nouvel âge du capitalisme demeure, répétons-le, la construction européenne. Il nous faudra expliciter un projet et une stratégie claire. Nous pensons que les socialistes doivent faire preuve de pédagogie. De façon plus générale, il est temps de modifier le rapport de notre pays à la mondialisation. Aux antipodes du désengagement libéral, nous continuons par ailleurs de croire au volontarisme économique. Les socialistes doivent porter une nouvelle politique industrielle. - Garantir la pérennité de notre protection sociale Nous devrons proposer une maîtrise crédible des dépenses de santé, basée sur une responsabilisation des acteurs, une régulation collective accrue du système, un investissement social dans la prévention. De façon générale, ce domaine appelle typiquement, contre les approches trop globalisatrices, une meilleure prise en compte de l’individualisation des situations et des aspirations. Qu’il s’agisse de l’éducation, où nous avons initié le mouvement de massification, mais aussi des moyens d’assurer la sécurité réelle des français, à travers la justice et la police, les socialistes doivent assumer la nécessaire réforme de l’Etat et des services publics pour garantir leur efficacité durable. - Etablir un nouveau compromis social
Un vecteur essentiel de la relégitimation des politiques publiques réside, répétons-le, dans leur plus grande individualisation.
Un autre enjeu majeur pour la gauche est celui de la ville et des territoires: nous devons, ici aussi, réintroduire de la maîtrise collective, en rénovant les cadres de vie, en combattant les effets de relégations qui affectent aujourd’hui les cités, en restaurant de la mixité sociale. Mais il nous faudra aussi impérativement travailler à l’élaboration de nouveaux instruments pour relancer la politique des revenus, qui tiennent mieux compte, là aussi, de la diversité des situations et des aspirations que des outils homogénéisant tels que le SMIC. - Relever le défi écologique Les socialistes devront, à l’évidence, redéfinir la place des énergies renouvelables et clarifier la question du nucléaire, à partir de leur volonté d’un progrès maîtrisé. * Remettre le progrès social en marche
Pour être un socialisme du réel, notre socialisme ne saurait pour autant se réduire à un pragmatisme gestionnaire. Nous croyons à la nécessité et à la possibilité d’un réformisme radical, remettant en marche l’idée même du progrès social aujourd’hui éteinte.
Cette perspective peut se dessiner autour de trois chantiers majeurs : - L’égalité réelle - L’émancipation individuelle - L’approfondissement démocratique
La chute du mur de Berlin, la mondialisation, les nouvelles menaces, les défis écologiques, l’individualisation sociale et culturelle, le vieillissement démographique, l’élévation du niveau d’information et d’éducation, … sont des phénomènes majeurs qui renouvellent la toile de fond dans laquelle la gauche avait bâti ses mots d’ordre et ses réponses.
Pour le socialisme français, le cycle d’Epinay est définitivement épuisé. Il lui faut reformuler ses orientations fondamentales et son projet historique.
Notre approche s’inscrit dans la logique sociale-démocrate actualisée. Elle repose sur quelques piliers essentiels : le compromis assumé avec l’économie de marché, la promotion de l’égalité réelle, la nécessité d’une vision mondiale et européenne, une vision renouvelée du développement et du progrès, la reconnaissance des aspirations individuelles, l’exigence d’une démocratie aboutie, …elle conserve l’horizon d’une transformation radicale de la société et reste articulée par une vision essentielle : l’émancipation individuelle.
C’est cette approche que nous proposons à la réflexion de notre Parti, comme une première contribution au travail collectif, un apport au débat ouvert et sans tabou que nous devons mener ensemble.
Le compromis assumé,
Nous ne considérons plus l’Etat social comme un moment historique de la lutte des classes, un compromis transitoire avec le capitalisme mais comme un compromis fondamental et nécessaire entre travail et capital, justice sociale et efficacité économique, intervention politique et loi du marché.
Cette rupture essentielle de sa doctrine, le faisant basculer dans l’ère du réformiste, le parti socialiste l’a actée dans sa pratique depuis le milieu des années quatre vingt.
Nous souhaitons qu’il l’acte désormais dans son discours. Nous souhaitons qu’il abandonne en son sein les faux débats, les faux clivages rhétoriques qui stérilisent la réflexion, entretiennent des complexes infondés vis-à-vis de l’extrême gauche, empêchent d’aborder les vrais enjeux et de donner à cette nouvelle volonté réformiste commune sa plénitude. Soucieux de vérité vis-à-vis des français, nous proposons que notre parti s’assume désormais comme un authentique parti réformiste, dans les discours comme dans les actes, dans l’opposition comme dans l’exercice des responsabilités.
L’égalité réelle,
Sans nullement abandonner les politiques de redistribution, nous devons désormais les relier à une lutte prioritaire et massive contre les mécanismes de « reproduction sociale » qui font perdurer dans notre société les privilèges de naissance.
La vision mondiale,
Si nous sommes parfois revenus de quelques illusions tiers-mondiste, si nous voulons mettre désormais le respect des droits de l’Homme au cœur de notre politique étrangère, nous restons de ce point de vue des internationalistes, résolument conscients de notre devoir de solidarité vis à vis des régions les plus pauvres de notre planète, désireux de les aider à se développer, acceptant leur insertion dans le commerce mondial comme un progrès pour l’humanité.
Le progrès maîtrisé,
Le socialisme de ce début de siècle doit ainsi réviser sa conception traditionnelle du développement, enrichir la notion et la mesure même de la croissance, pour faire place aux dimensions qualitatives, aux enjeux sanitaires et éducatifs, au développement des services à la personne, à l’économie solidaire, et à la sphère non marchande.
Le travail rétabli,
Mais nous sommes désormais déterminés à rétablir une société du travail et conscients que la mise en œuvre de nos politiques sociales doit veiller à ne pas entretenir des formes de dépendance vis-à-vis de l’aide sociale.
L’individualisme reconnu,
Cette volonté de permettre à chaque individu, dès lors que ses actes ne nuisent pas à d’autres que lui, de choisir librement sa façon de vivre, ses affiliations, ses références, ses pratiques culturelles demeure alors un principe directeur du socialisme du XXIème siècle.
La souveraineté effective,
Sans renier le rôle majeur des formations politiques, ni valider au passage la dictature de l’opinion, nous estimons que le socialisme doit entendre et porter cette aspiration contemporaine à une souveraineté populaire effective. Appuyés sur les expériences engagées depuis longtemps par leurs élus locaux, les socialistes doivent étendre les mécanismes de démocratie participative.
socialisme&
démocratie
sommaire_______________________
L’Edito
Les socialistes et l’Europe, 2 fois oui ! par Alain Bergounioux & Michel Destot
lebloc-notes
jean-Christophe Cambadélis
tribunes
Rénovateurs : encore un effort pour être réformistes
par Jean-Marie Le Guen
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