La chute du mur de Berlin, la mondialisation, les nouvelles menaces, les défis écologiques, l’individualisation sociale et culturelle, le vieillissement démographique, l’élévation du niveau d’information et d’éducation, … sont des phénomènes majeurs qui renouvellent la toile de fond dans laquelle la gauche avait bâti ses mots d’ordre et ses réponses.
Pour le socialisme français, le cycle d’Epinay est définitivement épuisé. Il lui faut reformuler ses orientations fondamentales et son projet historique.
Notre approche s’inscrit dans la logique sociale-démocrate actualisée. Elle repose sur quelques piliers essentiels : le compromis assumé avec l’économie de marché, la promotion de l’égalité réelle, la nécessité d’une vision mondiale et européenne, une vision renouvelée du développement et du progrès, la reconnaissance des aspirations individuelles, l’exigence d’une démocratie aboutie, …elle conserve l’horizon d’une transformation radicale de la société et reste articulée par une vision essentielle : l’émancipation individuelle.
C’est cette approche que nous proposons à la réflexion de notre Parti, comme une première contribution au travail collectif, un apport au débat ouvert et sans tabou que nous devons mener ensemble.
Le compromis assumé,
Nous ne considérons plus l’Etat social comme un moment historique de la lutte des classes, un compromis transitoire avec le capitalisme mais comme un compromis fondamental et nécessaire entre travail et capital, justice sociale et efficacité économique, intervention politique et loi du marché.
Cette rupture essentielle de sa doctrine, le faisant basculer dans l’ère du réformiste, le parti socialiste l’a actée dans sa pratique depuis le milieu des années quatre vingt.
Nous souhaitons qu’il l’acte désormais dans son discours. Nous souhaitons qu’il abandonne en son sein les faux débats, les faux clivages rhétoriques qui stérilisent la réflexion, entretiennent des complexes infondés vis-à-vis de l’extrême gauche, empêchent d’aborder les vrais enjeux et de donner à cette nouvelle volonté réformiste commune sa plénitude. Soucieux de vérité vis-à-vis des français, nous proposons que notre parti s’assume désormais comme un authentique parti réformiste, dans les discours comme dans les actes, dans l’opposition comme dans l’exercice des responsabilités.
L’égalité réelle,
Sans nullement abandonner les politiques de redistribution, nous devons désormais les relier à une lutte prioritaire et massive contre les mécanismes de « reproduction sociale » qui font perdurer dans notre société les privilèges de naissance.
La vision mondiale,
Si nous sommes parfois revenus de quelques illusions tiers-mondiste, si nous voulons mettre désormais le respect des droits de l’Homme au cœur de notre politique étrangère, nous restons de ce point de vue des internationalistes, résolument conscients de notre devoir de solidarité vis à vis des régions les plus pauvres de notre planète, désireux de les aider à se développer, acceptant leur insertion dans le commerce mondial comme un progrès pour l’humanité.
Le progrès maîtrisé,
Le socialisme de ce début de siècle doit ainsi réviser sa conception traditionnelle du développement, enrichir la notion et la mesure même de la croissance, pour faire place aux dimensions qualitatives, aux enjeux sanitaires et éducatifs, au développement des services à la personne, à l’économie solidaire, et à la sphère non marchande.
Le travail rétabli,
Mais nous sommes désormais déterminés à rétablir une société du travail et conscients que la mise en œuvre de nos politiques sociales doit veiller à ne pas entretenir des formes de dépendance vis-à-vis de l’aide sociale.
L’individualisme reconnu,
Cette volonté de permettre à chaque individu, dès lors que ses actes ne nuisent pas à d’autres que lui, de choisir librement sa façon de vivre, ses affiliations, ses références, ses pratiques culturelles demeure alors un principe directeur du socialisme du XXIème siècle.
La souveraineté effective,
Sans renier le rôle majeur des formations politiques, ni valider au passage la dictature de l’opinion, nous estimons que le socialisme doit entendre et porter cette aspiration contemporaine à une souveraineté populaire effective. Appuyés sur les expériences engagées depuis longtemps par leurs élus locaux, les socialistes doivent étendre les mécanismes de démocratie participative.
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