Archive pour août 2007

D’accord avec Arnaud Montebourg …

Lorsqu’il dit (dans une interview à l’Express) que le système des motions du

Parti d’Epinay a vécu! On se jette des désacords à la figure pendant

plusieurs mois, pour ensuite faire des synthèses artificielles en quelques

heures. C’est incompatible avec le bon fonctionnement d’un grand parti de

gauche, qui a le devoir de rechercher les points d’accord, de les mettre en

valeur, pour reduire ensuite à leur juste expression les points de désaccord

et trancher.

D’accord également pour que notre futur premier secrétaire soit “capable de

trancher, prenant des risques, préférant l’ouverture du parti à son repli et

le remettant au travail collectif.

D’accord aussi pour dire , concernant la Vème république, qu’il “ne faut pas

confondre un pouvoir fort, capable de prendre des décisions et réformer,

avec un pouvoir autoritaire, incapable de discuter avec la société et

l’emmener vers son destin.

Et enfin d’accord avec lui lorsqu’il dit “nous (NPS) avons isolé, par nos

comportements, les thèmes de la rénovation”.

La convergence est peut-être en marche …

L’homme de l’été 36

 

 

 

 

 

 

 

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Rebonds

L’homme de l’été 36

Réponse à la tribune «Sur les traces de Léo Lagrange».

Par YANN LASNIER, F馘駻ation nationale L駮-Lagrange.

QUOTIDIEN : mardi 21 ao皦 2007

Ainsi, il y aurait un certain parall駘isme de forme entre le minist鑽e exerc・par L駮 Lagrange dans le cabinet

Blum et la future mission confi馥 ・Bernard Laporte ? Seul point commun de deux itin駻aires en totale

opposition, le rattachement au minist鑽e de la Sant・ Si ceci semble 黎re le signe d’une volont・politique,

aucun acte ne vient jusqu’・pr駸ent l’appuyer et il y a fort ・parier que des consid駻ations pratiques – telles que

la r馘uction du nombre de portefeuilles – ou politiciennes sont les seuls aiguillons de cette d馗ision.

Les questions de sant・ont toujours constitu・une pr駮ccupation importante pour L駮 Lagrange. N・avec le

si鐵le, engag・volontaire en 1918, l’騁at de sant・pitoyable de la jeunesse fran軋ise de cette 駱oque fut – dans

la lign馥 des positions des progressistes d’Europe du Nord – l’un des marqueurs de ses premiers engagements

politiques. Jeune militant socialiste, puis 駘u d駱ut・en 1932, il d馭endra l’essor d’une m馘ecine pr騅entive et

«l’amélioration du niveau sanitaire du pays». S’il est exact de rappeler que c’est sous l’autorit・du ministre de

la Sant・que L駮 Lagrange a port・certaines des r馭ormes qui ont fa輟nn・son oeuvre, il ne faut pas omettre

qu’il n’a eu de cesse de se d馭aire de cette encombrante tutelle pour lui pr馭駻er celle de Jean Zay, ministre

de l’Education. Paradoxalement, ce sont les premiers coups port駸 au front populaire, entra絜ant la chute du

cabinet Blum et la naissance du cabinet Chautemps, qui permettront ce remaniement. La collaboration entre

Jean Zay et L駮 Lagrange permit, entre autres, le bibliobus, la pr馭iguration du festival de Cannes ou bien

encore les mardis populaires du Louvre et l’ancrage, dans les programmes scolaires, de la pratique sportive. Des

pans entiers de l’oeuvre de L駮 Lagrange rythment encore notre quotidien et pourtant jamais la conception du

sport n’a paru si 駘oign馥 des th鑚es d馭endues par l’homme de l’騁・36. «Je crois que le jour où l’on a admis

que le jeu sur le stade pouvait être l’occasion de profits importants, on a fortement atteint à la moralité du

sport […]. Je détiens du Parlement la charge de servir les intérêts de toute la jeunesse française et non pas de

créer un nouveau spectacle de cirque.» Les positions de L駮 Lagrange, en 1936, avaient comme aspirations

profondes et permanentes la joie, le droit au bonheur, la conqu黎e de l’駑ancipation et de la dignit・ La

fonction 馘ucative et sociale du sport fait aujourd’hui figure de parent pauvre des politiques publiques qui,

l’inverse, 駻igent l’exploit individuel et collectif en crit鑽e d’騅aluation dominant. Au-del・du caract鑽e

baroque de la comparaison, il est une association de comp騁ences tr鑚 peu remise en cause depuis l’av鈩ement

de la cinqui鑪e r駱ublique, celle qui lie, dans une m麥e destin馥, la jeunesse et les sports. Les politiques de

jeunesse sont ・chaque fois les grandes oubli馥s et expriment le peu de cas que l’on fait d’elle en les r馘uisant

・un public et des pratiques.

Les paradigmes sont ・ce point diff駻ents qu’ils rendent hasardeux la comparaison des situations et des

駱oques. J’ai cependant la conviction que c’est sur la place de la jeunesse dans notre soci騁・que porterait

aujourd’hui la voix de L駮 Lagrange et non sur la trop facile exaltation des valeurs de la performance. Les

conservateurs, en 1936, n’eurent de cesse de d駑olir la v駻itable r騅olution culturelle et sociale entreprise par

L駮n Blum, d駭on軋nt l’envahissement des plages par «les salopards en casquettes» ou qualifiant L駮 Lagrangede «ministre de la paresse». Quand Pierre Mauroy, en 1981, cr馥 le minist鑽e du Temps libre, dans la droite

ligne de son illustre a絜・ les railleries furent toutes aussi acides et violentes. Point de proc鑚 d’intention donc

au futur titulaire du portefeuille, mais point non plus de raccourci h穰if dans une p駻iode o・les symboles et les

h駻itages sont l’objet de curieuses appropriations !

La tribune d’Alain Loret est parue, le 15.ao皦, dans Libération.

Ouvrage ・para羡re en octobre.2007 Léo Lagrange : l’artisan du temps libre (馘itions l’Encyclop馘ie du

socialisme).

http://www.liberation.fr/rebonds/273286.FR.php

ゥ Lib駻ation

Rebonds Evitements et faux-semblants

Un bilan de la politique de Nicolas Sarkozy, cent jours après son entrée à l’Elysée.

Par Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris, Parti socialiste.

QUOTIDIEN : jeudi 23 août 2007

Lorsqu’il parlait de la Ve République, le constitutionnaliste Maurice Duverger évoquait une monarchie. Ceci dans le sens premier du terme, c’est-à-dire «monarque procédant de l’Un». La gauche et un temps François Mitterrand ont caractérisé la Ve République de bonapartiste. Dans la tradition de Napoléon, de Napoléon III, voire du général de Gaulle, c’est une tendance à se situer au-dessus des réalités sociales pour mieux en défendre certaines. Chaque Bonaparte a, au départ, incarné une équation politique. Pour Napoléon, ce fut la bourgeoisie fatiguée par la Révolution, pour Napoléon III, la paysannerie parcellaire, et pour le général de Gaulle, l’alliance détonante entre une bourgeoisie moderniste, entravée par une représentation parlementaire instable, dépendant de l’empire colonial, et les pieds-noirs excédés par les pertes de l’empire. Les conditions de l’accession au pouvoir ne furent, bien sûr, jamais celles de sa pratique.       Avec Nicolas Sarkozy, nous sommes au cours de cette continuité. Tout à la fois par inclination personnelle, l’homme a soif de revanche : il fut longtemps ignoré voire méprisé dans l’espace chiraquien alors qu’il pense être le seul à «savoir faire» au milieu d’un monde de nains politiques. Mais aussi pour d’autres raisons : Nicolas Sarkozy domine sans partage son camp entre soumission, affaire Clearstream et inféodation du centre. Et en face, la gauche est dans les cordes, entre recomposition et refondation, cantonnée à commenter le maître des lieux. L’ouverture ne fut pas une politique mais, comme il se doit, en régime monarchique, le fait du prince, jouant sur ce que Pascal appelait l’appétit «des grandeurs d’établissement». Bref, appuyé sur l’alliance improbable du complexe militaro-audiovisuel et des perdants de la mondialisation, Nicolas Sarkozy règne seul, monarque substitutif à l’ensemble de la classe politique, Bonaparte faisant mine de s’installer pour dix ans. Le Président se fixant comme manifestation ultime de son pouvoir personnel la possibilité de s’exprimer devant un parlement réduit au silence. Evidemment, ceci est programmé à la veille des municipales, dans un congrès offrant au «pouvoir» une victoire assurée et menaçant, dans le cas contraire, la classe politique d’un référendum.       Tout semble bien aller, et pourtant les premiers pas du Président ne furent pas sans contradictions, hésitations et revirements. Se consacrant à l’édification de son pouvoir personnel, Nicolas Sarkozy a évité les dossiers majeurs tout en déployant un rideau de fumée législative censée satisfaire l’appétit conservateur de ses électeurs et provoquer l’ire bien pensante de la gauche.

  • Un paquet fiscal entre trop et trop peu.
  • Une peine plancher pour la récidive, étendard répressif dénué d’efficacité sur le fond.
  • Une réforme de l’université qui est une occasion manquée.
  • Un service minimum qui ne satisfait personne tout en inquiétant les syndicats pour la suite.
  • Un épisode libyen pour le moins obscur, où on aura compris que Nicolas Sarkozy n’a pas directement traité avec Khadafi mais par l’intermédiaire du Qatar.

      Le premier round parlementaire fut tout entier protégé par la victoire présidentielle, oubliant la contre-performance législative qui en dit long sur la volatilité électorale française. Le Président a touché à tout, s’est substitué à tous, et en particulier à son Premier ministre, mais n’a pas encore osé s’attaquer aux dossiers phares de son quinquennat comme, par exemple, le contrat unique, les retraites ou la sécurité sociale. Ce qui est signifiant. Mais en plus, Nicolas Sarkozy est passé à côté de deux décisions stratégiques majeures.      La première, et le conseil Ecofin lui a vertement fait remarquer, celle de s’attaquer aux déficits publics (rappelons que la dette de l’Etat est, au 30 juin, supérieure à 933 milliards d’euros et que la dette sociale est de 121 milliards d’euros, en progression de 10,7 milliards d’euros sur un an). Non seulement Nicolas Sarkozy ne les a pas attaqués de front, mais il a soutenu, tel un joueur de bonneteau, qu’il fallait les aggraver pour pouvoir les résorber. Le problème pour Nicolas Sarkozy, c’est que sa mystification est aujourd’hui une bombe à retardement dans le retournement de la conjoncture mondiale dû à l’effondrement du marché immobilier aux Etats-Unis. Cela augure d’une politique d’austérité à venir, dont la TVA sociale n’est que l’avant-garde, et qui n’est pas tout à fait le mandat qu’une partie des salariés de ce pays a donné à l’exécutif.      L’autre raté fut dû à la fascination de Nicolas Sarkozy pour l’Amérique en général et George Bush en particulier. Tandis que défilaient sur les Champs-Élysées nos forces armées et celles des vingt-six autres pays de l’Union européenne que le président de la République avait invitées, le chef du Kremlin annonçait, par décret, que la Russie suspendait sa participation aux négociations sur le traité adapté d’Istanbul de 1999. Ce document, que le quai d’Orsay considère comme une pierre angulaire de la sécurité en Europe, devait permettre de fixer durablement les relations stratégiques des forces conventionnelles entre les pays de l’Alliance atlantique et la Russie. Ce n’est qu’un élément de plus, que tous les observateurs avisés ont pu constater, de la dégradation accélérée des relations avec Moscou. Ceci est fort dommageable car il s’agit bien de la stabilité de notre continent et de ses relations avec un immense pays, qui n’a toujours pas rempli ses obligations de retrait de ses forces en Géorgie et en Moldavie, avec, en toile de fond, le sujet du déploiement du bouclier américain « antimissile » et du stationnement des troupes et du matériel américains dans les pays de l’ancien Pacte de Varsovie. Le sujet est d’importance et méritait un peu plus que la langue de bois diplomatique du porte-parole du quai d’Orsay, le 16 juillet: «On regrette et on saisira toutes les occasions de débattre avec les Russes.»      Nicolas Sarkozy, occupé à se faire reconnaître par l’aigle américain passablement déplumé alors que s’annoncent les présidentielles dans ce pays, a omis l’intérêt crucial que l’Europe doit porter à l’ours russe malade. «La manœuvre a ses limites, disait Bonaparte, lorsqu’elle est confrontée à la réalité». Et celle-ci n’est pas aussi simple que l’on veut bien le dire. Les cent jours de Sarkozy furent marqués par de nombreux faux-semblants parlementaires, des évitements majeurs, mais aussi par deux absences de décision qui pèsent lourdement sur l’avenir de la France. Comme quoi on peut se substituer à tous et à tout, concentrer tous les pouvoirs… et manquer l’urgence.


 

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