un article proposé par J-J Châtel

La réforme territoriale : questions, oppositions et propositions

Ne nous y trompons pas ! En surfant sur un accord assez large sur la nécessité de faire évoluer le paysage institutionnel des collectivités locales , le gouvernement veut surtout mettre en place un mode de scrutin qui soit favorable à la droite pour les départements et les régions. Pour moi, cela doit donc être notre combat principal ce qui suppose d’avoir là aussi (pour le mode de scrutin) une contreproposition.
Et je suis personnellement très favorable à celle énoncée dans l’hebdo des socialistes du 31/10 : mettre en place au niveau des départements un mode de scrutin qui soit du même type que celui des élections municipales. Voilà ce qui serait à la fois plus clair et plus lisible pour nos concitoyens qui s’y perdent très rapidement entre les différents modes de scrutin utilisés dans notre pays. En effet, ainsi, nous aurions le même type de scrutin pour toutes les élections locales : communales, départementales et régionales. Sans compter que ce type de scrutin est compatible avec le principe de parité alors que celui proposé par la droite ne l’est pas.
Resterait à trouver la bonne formule pour les intercommunalités : ce pourrait être l’application de la loi PLM (Paris-Lyon-Marseille) pour toutes les grandes agglomérations (celles qui ont vocation à devenir métropoles ?) et peut-être, à titre transitoire, un double collège pour les autres intercommunalités (la moitié des élus communautaires serait élue sur un scrutin de liste avec un mode de scrutin de type municipal et l’autre moitié serait élue comme actuellement par les conseils municipaux).
En ce qui concerne les autres propositions de cette réforme …
Sur taxe professionnelle : revoir son mode de calcul ne signifie pas qu’il faut la supprimer …
Sur la nécessité pour la collectivité maître d’ouvrage d’un projet d’en financer au moins 50% : ce n’est acceptable que s’il est mis en place une réelle péréquation financière de l’Etat vers les collectivités territoriales.
Sur la suppression de la compétence générale pour les départements et les régions : la réponse est, selon moi, la même que précédemment !
Voici mon point de vue… qui en appelle d’autres …

invitation au débat … une interview de Michel Rocard

Rocard : ses 4 priorités pour le grand emprunt
[ 19/10/09 - 11H00 ] 2 commentaire(s)

Michel Rocard, l’ancien Premier ministre socialiste, dévoile les projets privilégiés par la commission qu’il copréside avec Alain Juppé.
Les choses sont extrêmement claires : je ne suis pas un rallié, je reste un social-démocrate, j’appartiens toujours à l’opposition. Dans cette commission sur le grand emprunt, par exemple, j’assume la présence et je défends les idées du camp d’en face ! Et je l’assume parfaitement. Sur un certain nombre de sujets, je suis radicalement opposé à la politique du président de la République. Le coeur de l’identité politique, c’est la fiscalité. Eh bien, pour moi, le bouclier fiscal est une erreur sur le fond et une catastrophe quant à son tempo. Mais je vois aussi que Nicolas Sarkozy s’est converti à des idées sociales-démocrates qui n’étaient pas les siennes au départ. Que disent-elles ? Qu’il faut réguler l’économie qui, par nature, est ” méchante “. Qu’il ne faut pas faire seulement confiance au marché. On est en plein dedans ! Et s’y ajoute aujourd’hui le défi du réchauffement climatique.

La gestion de la crise a-t-elle été bonne ?
Elle a été en tout cas volontariste. Mais, ce qui est sûr, c’est que la leçon de la crise n’a pas été comprise par les banquiers. Ils disent aux Etats : ” Vous avez fait le boulot, maintenant laissez-nous tranquille. ” Le système financier mondial est reparti de plus belle, sans réelle régulation. C’est incroyable.

Nicolas Sarkozy a retenu un prix beaucoup plus bas que celui que vous préconisiez pour la taxe carbone. Ne craignez-vous pas qu’il ne reprenne que 50 % de vos préconisations sur le grand emprunt ?
Je vous rappelle qu’en installant la commission fin août, le président nous a dit de faire attention à ce qu’on allait écrire, parce qu’il avait l’intention de reprendre toutes nos propositions. Pour la taxe carbone, l’essentiel, c’était de la créer, et je salue la décision de Nicolas Sarkozy, qui a été de le faire. Il ne s’agit en aucun cas d’une renonciation. Je savais pertinemment que la taxe serait sans doute ” mal formée ” au début, ou incomplète. Ce fut la même chose pour la TVA. Quand elle est née, en 1953, moins de 50 % du PIB était concerné. Huit ans après, tous les secteurs de l’économie y étaient passés. Sur le taux de la contribution climat-énergie (CCE), le gouvernement a voulu éviter d’avoir deux prix différents, celui des quotas européens, qui avoisine 17 euros, et celui que nous proposions pour la CCE, de 32 euros pour la même chose, la tonne de gaz carbonique. On peut le regretter mais cela se comprend tout de même fort bien.

Cela justifie les exemptions de taxe carbone pour les routiers ou les agriculteurs…
Il est logique d’épargner les routiers ou les taxis, qui doivent pouvoir continuer d’exercer leur métier. Pour les agriculteurs, c’est un peu différent. Il faut revoir plus globalement les aides dont ils bénéficient et la politique agricole menée au niveau européen.

Pensez-vous vraiment que le gouvernement va augmenter la taxe carbone en 2011, alors qu’elle est mal accueillie par l’opinion ?
Je suis confiant sur le fait qu’elle sera relevée soit en 2011, soit en 2012, selon le premier bilan qui sera dressé. Les travaux d’Alain Quinet montrent qu’il faut atteindre 100 euros la tonne de CO2 d’ici à 2030. Le gouvernement a payé le fait que les gens n’ont pas cru à la compensation intégrale. Le débat a été caricaturé. Mais aujourd’hui les modalités sont claires.

Les entreprises bénéficiant du système européen des quotas vont être privilégiées puisque les quotas sont gratuits d’ici à 2012…
Il faut saisir d’urgence la Commission européenne sur la nécessaire modification du système des quotas, qui présente de sérieuses imperfections à l’usage. C’est un marché ultra­spéculatif. En outre, une corrélation dangereuse avec les prix du pétrole semble s’opérer.

Revenons au grand emprunt. Vous êtes très sollicités, y a-t-il un risque d’aboutir à un catalogue de mesures, comme pour la commission Attali ?
Certainement pas, ce n’est pas souhaitable et l’état de nos finances publiques ne le permettrait pas. Notre souci sera d’éviter le saupoudrage. Si je faisais l’addition des demandes, même avec un emprunt à 100 milliards d’euros, nous serions très loin du compte ! Or nous estimons que l’emprunt ne devra pas être trop supérieur à 30 milliards d’euros. Avec un montant de cet ordre, le programme d’émission de dette de la France ne sera pas chamboulé en 2010, et il n’y aura pas de changement de perception par les marchés de la qualité de notre signature, qui reste la meilleure en Europe avec celle de l’Allemagne.

Vous n’évoquez plus l’hypothèse d’une souscription auprès du grand public…
Les modalités de l’emprunt ne sont pas de notre ressort, la commission a d’elle-même décliné cet aspect. Notre sentiment est néanmoins qu’il faudrait majorer de 1,5 % la rémunération des souscripteurs pour être sûr du succès de l’opération auprès du grand public. Ce n’est pas raisonnable. Nous préférerions un recours traditionnel au marché.

Est-il raisonnable de lancer un grand emprunt quand d’autres pays programment des plans de redressement ?
L’état des finances publiques est très grave, c’est sûr, et la commission va y consacrer un chapitre dans son rapport. Mais il n’y a pas de raison pour autant d’organiser la panique. Comparons-nous avec les autres. Les Etats-Unis constituent un cas particulier puisque leur endettement global, public et privé, est astronomique mais ils s’en moquent : ils sont protégés par le dollar. Dans la zone euro, la dette augmente partout de façon invraisemblable, en Irlande, en Grande-Bretagne, en Espagne, etc. De nombreux pays voient leur signature menacée. La situation de la France est mauvaise en valeur absolue, mais elle est parmi les moins mauvaises des pays développés. Cela justifie le grand emprunt. D’autant plus que cela fait des années que les investissements publics d’avenir sont sacrifiés. On ne touche pas au salaire des fonctionnaires et c’est logique, l’Etat a du mal à ne pas satisfaire aux demandes du corps médical, des agriculteurs, etc. Les dépenses d’avenir, elles, ­passent à la trappe. La recherche et l’enseignement supérieur en paient aujourd’hui les conséquences. Une fois de temps en temps, ce n’est pas trop grave, mais quinze ans de suite, c’est le naufrage.

Ne faudrait-il tout de même pas gager l’emprunt sur la baisse de dépenses de fonctionnement ?
Lesquelles ? Comment faites-vous ? Un Premier ministre n’a souvent que deux ans devant lui. Il ne peut faire que peu de choses. Je suis antigaspillage et ce gouvernement paraît plus rigide, plus sérieux que pas mal de ses prédécesseurs. Mais il me semble que l’on est arrivé au bout des économies que l’on peut réaliser sans créer trop de tensions. La règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite pénalise des ­secteurs où il serait nécessaire de remplacer tout le monde.

Quelles priorités commencent à émerger au sein de la commission ?
Nous avons quatre thématiques fortes : la ­recherche, l’université, le haut débit, la croissance verte. Il s’agit d’abord de maintenir ou d’obtenir un très haut niveau de recherche fondamentale et appliquée en France. Faut-il consolider nos points forts ou rattraper notre retard dans certains domaines ? Je penche plutôt pour la première option. Exemple : la France et l’Europe sont en pointe dans le domaine spatial, mais les Etats-Unis se ­réveillent et la Chine est offensive. Donner un coup de main à la mise au point d’Ariane 6 s’impose. De même, EADS a commencé des travaux sur l’avion du futur, qui devra être moins lourd pour moins consommer et donc utiliser de nouveaux matériaux. Il y a des besoins considérables d’études, d’expérimentations, il faudra un démonstrateur… Avant que l’industrie ne se lance, la recherche a toute sa place.

Le vieillissement est-il dans votre champ d’investigation ?
Le social n’est pas vraiment de notre ressort. Il ne nous appartient pas de bâtir le cinquième risque de Sécurité sociale pour la dépendance des personnes âgées. Le grand emprunt peut en revanche faciliter la recherche sur la domotique, les médicaments, etc.

Allez-vous développer des programmes publics très ambitieux comme dans les années 1960 et 1970 ?
Le plan Messmer a fait passer la part du nucléaire dans l’électricité produite de 2 % à près de 80 % aujourd’hui. C’était un plan ­ultramassif ! Nous n’avons rien de pareil en tête et la commission n’a pas une grande sensibilité pour les investissements sur les infrastructures.

Quid du haut débit ?
Il s’agit d’un investissement nécessaire qui peut avoir un impact rapide en termes de croissance et de valeur ajoutée. Mais il n’y a pas non plus besoin de fibre optique sur l’ensemble du territoire.

Ce sera un investissement public pour des bénéfices privés…
Nous sommes très attentifs à cela, car c’est un peu l’état d’esprit de certains lobbys. Il n’est absolument pas question de tomber dans ce travers. Le secteur public n’est pas là pour être racketté ! C’est le credo d’une partie de la pensée capitaliste, foncièrement ­malhonnête. Il va falloir encore d’autres ­crises avant que cette culture du mépris de la puissance publique, cette mode monétariste, ne disparaisse.

Que pensez-vous de la situation du Parti socialiste ?
Le PS est un grand malade. Quand on est dans la chambre d’un malade, il est recommandé de ne pas crier. Dans ses meilleures années, il avait 150.000 adhérents. Tous les partis ” frères ” à l’étranger – en Allemagne, en Autriche, en Suède – ont un nombre ­d’adhérents bien supérieur. En fait, le PS est une bizarrerie, dès sa naissance.

Il semble que la rénovation soit en cours. Est-il désormais sur la bonne voie ?
Je ne sais pas. Le PS est toujours mal à l’aise avec l’économie de marché. Certains rêvent encore d’économie administrée. Le PS n’a plus de pensée collective depuis très longtemps. François Mitterrand, déjà, avait ­aggravé cette situation. Le vrai problème de ce parti réside aussi dans l’obligation que se donnent ses dirigeants de parler à l’unanimité. C’est ce qu’a souhaité faire il y a une dizaine de jours Martine Aubry en intégrant tous les grands responsables à sa direction. C’est aussi ce qu’avait réalisé François Hollande, que je soutenais, lors du congrès du Mans. Notre motion associée à deux plus petites avait obtenu 53 %. Nous reconnaissions l’économie de marché et l’urgence de l’Europe. Mais François Hollande a effectué une ” synthèse ” et remis tout le monde dans le même sac. Depuis, le PS en est toujours là : à essayer de réaliser l’improbable synthèse.

régionales (…)

la réponse A est la bonne réponse à la question précédente.

nouvelle question: Si le score de la gauche (PC-PS-PRG-Verts) a légèrement diminué en E&L aux européennes par rapport aux régionales de 2004, elle a cependant progressé dans certains territoires d’E&L … Dans quel territoire a-t-elle le plus progessé?

réponse A: canton d’Anet
réponse B: canton de Cloyes
réponse C: canton de la Ferté Vidame

régionales (encore)

la bonne réponse à la question précédente est la réponse B

nouvelle question:
le total des voix qui se sont portées sur les 3 listes “PC, PS, Europe écologie” en E&L est inférieur au score obtenu au premier tour par la liste “Gauche unie” menée par Michel Sapin en 2004 de :
réponse A: 1.31 point (33.4% aulieu de 34.71%)
réponse B: 4.31 points (33.4% au lieu de 37.71%)
réponse C: 7.31 points (30.4% au lieu de 37.71%)

régionales (toujours)

la réponse A correspondait aux scores dans l’indre
la réponse B aux scores dans la région Centre
la réponse C aux scores dans l’E&L

nouvelle question: sur la base des résulats des européennes en E1L quel serait le score aux prochaines régionales avec 5 listes: EG (Extrême gauche); Gauche Unie (PC, Verts, PS, PRG, MDC); Modem et écolos; UMP et DVD; ED (Extrême droite).

réponse A: EG (7,8%); GU (31,4%); Modem (10,3%); UMP-DVD (41,4%); ED (9,1%)

réponse B: EG (5,8%); GU (33,4%); Modem (12,3%); UMP-DVD (39,4%); ED (9,1%)

réponse C: EG (5,8%); GU (37,4%); Modem (10,3%); UMP-DVD (37,4%); ED (9,1%)

régionales 2004 (suite)

il y avait 6 listes au premier tour: LO-LCR (5,58%); gauche unie (34,71%); UDF (15,91%); UMP (18,56%); CPNT (5,19%); FN (20,06%).
Les résultats sont ceux obtenus en E&L

Et quel a été le score obtenu par les trois listes présentes au deuxième tour (gauche unie; UDF-UMP; FN)?

A: GU (54%); UDF-UMP (31%); FN (15%)
B: GU (49%); UDF-UMP (34,5%); FN (16,5%)
C GU (46%); UDF-UMP (35%); FN (19%)

et une série de questions sur les régionales de 2004

combien y avait-il de listes au premier tour?
A 6 listes
B 7 listes
C 8 listes

réponse à la question précédente: 10 000 euros …

quel est le montant du chèque?

Notre ancien Président est logé dans un appartement de 396 m² quai Voltaire à Paris. Le loyer est payé à la SCI du 5 quai Voltaire par Ayman Hariri, fils de l’ancien premier ministre libanais.
Quel est le montant du chèque?
A 5 000 euros?
B 10 000 euros?
C 15 000 euros?

réponse: une nouvelle fois dans le canard enchainé du 16/09 …

réponse à la question précédente: 30 000 euros

au moins une question par semaine

A partir de ce jour, vous trouverez sur ce blog au moins une question nouvelle par semaine sur un sujet d’ordre politique (ce sera donc très ouvert voire éclectique!); voici la première question:

un salaire écologique?
TF1 verse un salaire à Nicolas Hulot pour la réalisation de 3 ou 4 Ushuaïa par an.
D’après vous, ce salaire est-il de
A: 10 000 euros mensuels
B: 20 000 euros mensuels
C: 30 000 euros mensuels

réponse … dans le canard enchainé du 16/09

Vous pouvez me discriminer, je me soigne

extraits d’un article de la revue de “besoin de gauche”

Riposte de ce dimanche 10 mai avait pour titre «
liberté, égalité, diversité ? ». Quand je peux, je ne
rate jamais Serge Moati et son verbe aiguisé, sa
gestuelle drôle et sympathique et son intelligente
présentation des thèmes abordés et l’interpellation
dynamique de ses invités.

Et bien oui ça discrimine en France et à toute allure
et tout le monde en prend pour son grade ! C’est la
culture du pays, c’est le mode de fonctionnement,
de pensée ! Chacun son territoire, chacun son
ghetto, chacun ses références, chacun ses codes.
Les bobos s’enferment dans des banlieues
pavillonnaires aux portails fermés comme des
bunkers, les riches résident dans des quartiers
cossus sans âme et sans couleur où ils peuvent
jouer les maîtres du monde sous les dorures, les
pauvres et les immigrés s’empilent dans les tours
des cités, les parvenus deviennent propriétaires
d’appartement presque semblables aux HLM, etc.
Et puis, il y a les femmes, exclues encore
aujourd’hui dans de nombreuses professions ou
lorsqu’elles y parviennent, leur salaire est souvent
inférieur à celui des hommes. Et puis il y a les
handicapés, à qui je pense partout où je vais, en
me demandant comment ils peuvent accéder à
tous les endroits auxquels je me rends. Et puis, il y
a les personnes âgées pour qui la société n’a que
peu d’égards. Et puis il y a les jeunes, soupçonnés
régulièrement de ne servir à rien si ce n’est qu’à se
rebeller, contester ou patauger en attendant de
trouver leur chemin. Sans oublier ceux dits de la
diversité, dont une minorité vient jeter les soupçons
de toutes les malhonnêtetés sur une majorité.
Et puis, c’est ainsi dans ce pays, personne ne
tolère l’Autre dès lors que dans ses cases il lui
manque des points pour être son copain.
C’est un peu fort comme caricature, je le concède
mais ces raccourcis ne le sont pas tant que cela si
l’on creuse bien dans le mille feuilles des couches
humaines de notre société. La cohésion nationale
est en lambeau, l’individualisme exacerbé par la
crise et les solidarités collectives ensevelies sous
des réformes au son de la loi du plus fort et du plus
riche.
Alors, j’ai envie de dire, à tous ces essayistes, dont
pour certains, l’on peut se demander leur légitimité
pour parler de moi, que le problème de la
discrimination est un problème culturel, d’état
d’esprit, de mentalité. Mais c’est surtout et en
premier lieu une question individuelle, puis collective
en second, et qui vient en dernier se poser dans la
société quand on s’y confronte. Et c’est dans cette
société, justement, que l’exclusion fait ses victimes
à coup de discriminations aux multiples visages,
aux mille et une raisons dont aucune n’est
acceptable, supportable.
Pour autant, s’il y a un remède qui n’est jamais
abordé ; c’est bien celui la recherche de la paix
avec soi même quant à sa diversité, son parcours,
son histoire et c’est sans doute par là que chacun
doit commencer.
Bien sur que de vivre dans un pays où ses parents
se sont exportés, apportant avec eux une culture
forte tout en l’entretenant pour certains, une
religion, ou des traditions n’est pas chose aisée.
Mais la société ne pourra jamais régler cette
ambiguïté, cette contradiction individuelle, cette
confrontation multiculturelle même si le parcours
que l’on y fait, les rencontres que l’on peut créer (et
je ne crois pas à la chance), contribuent à trouver
une harmonie entre les origines de ses parents et
tout ce qui fait le pays dans lequel on est nait.
Il est des chemins que personne ne peut faire à
notre place et il est grand temps d’aborder la
question de la psychothérapie, de la psychanalyse
ou bien encore de l’ethnopsychiatrie.
Il faut que cette diversité soit d’abord pour soi
même une source de richesse qui vient épanouir
notre vie.
Il faut admettre et comprendre que devenir
Français, quand on a des parents immigrés, ne
s’incruste pas dans nos pores et notre cerveau à la
seconde où l’on a respiré l’air de la France.
On le devient en grandissant et la carte d’identité
nationale n’a pas, une fois mis dans sa poche, le
pouvoir de vous transformer en un Albert ou une
Jeanne dont 5 générations habitaient la Nièvre.
Non, il faut du temps, de la douleur, de la
souffrance, s’interroger et ne pas avoir peur des
réponses pour que l’on se sente à la fois Français
et fière du visage de ses parents, de leurs langues
et de leurs cuisines, de leurs vêtements et de leur
rythme de vie, du pays d’où ils viennent et pourquoi
pas, s’y rendre régulièrement.
Il faut du temps pour chasser la puanteur de la
discrimination qui s’infiltre dans nos vies même
quand on n’a rien fait ou rien demandé, et qui se
pointe juste à la vue de notre visage ou de notre
couleur de peau, à la consonance de notre
prénom, ou l’énoncé de notre adresse.
Il est grand temps que les discriminés, ceux pour
qui la société ne peut rien si ce n’est nous proposer
des plateaux télévision où le jargon employé,
entendu mille fois, a fini par devenir un refrain
détestable, de se retrousser le cerveau pour aller
voir tout seul ce qui s’y passent, d’y retirer les
épines et de revenir dans la société avec l’esprit
clair quant à sa diversité et des lunettes floues pour
ne pas voir ceux qui discriminent.
Peut être qu’en faisant le sourd et l’aveugle, avec
en bandoulière le drapeau français, et dans un petit
coin de son cerveau celui d’où viennent ses
parents;
Peut être qu’avec l’esprit soigné, apaisé et une âme
de conquérant quant à sa place dans la société ;
Peut être que délesté du doute quant à sa
citoyenneté française,
Peut être qu’en commençant par soi même,
d’abord pour soi et rien que pour soi,
Et bien ceux qui animent la discrimination finiront,
face à l’harmonie trouvée des citoyens de la
diversité, par se fatiguer d’hurler à la différence ne
trouvant plus d’écho à leur intolérance.
Et puisque sur le sujet, les expériences sont
tendances, j’ai choisi la mienne :
- Vous pouvez me discriminer ; je me soigne !

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